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Partager Partager Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invitée de la semaine, Pauline Caplet, fondatrice de L’Enfant Sauvage partage avec nous ses derniers coups de cœur photographiques ! Des expositions marquantes comme celles de Yasuhiro Ishimoto au BAL ou Matthieu Litt à Hangar, des œuvres de Michael Ackerman ou Julie Calbert ou des ouvrages tels que Dirty de Wysocka Magdalena ou Minutes to Midnight de Trent Parke. Retrouvez les coups de cœur de cette collectionneuse singulière. Depuis longtemps, la photographie s’est immiscée dans ma vie non seulement comme une pratique artistique mais aussi comme une passion de collectionneuse. Ma collection est un mélange d’œuvres originales, évidemment de photos d’archives, de petits objets et de livres, souvent choisis pour leur singularité, leur esthétique ou le regard qu’ils proposent. Je crois profondément à l’importance de transmettre cet amour de la collection, de former et d’accompagner les nouveaux collectionneurs. Car collectionner, c’est aussi apprendre à lire une œuvre, comprendre son contexte, son histoire, et développer une sensibilité personnelle. C’est un acte de soin et de curiosité qui enrichit la relation à la photographie au-delà du simple regard. Parmi mes coups de cœur récents, plusieurs expositions et livres m’ont particulièrement marquée. Ils nourrissent ma réflexion et élargissent ma perception, tout en me rappelant combien chaque œuvre peut être une rencontre unique malgré que nous sommes à une époque saturée d’images. Studio Rex, Jean Marie Donat, Arles 2023. Ray K. Metzker / City Lux, Fondation A, octobre 2024. Love is louder, Bozar, octobre 2024. Pour moi, collectionner est aussi un geste physique, presque tactile, comme le souvenir d’avoir tenu entre mes mains des cailloux ramassés lors d’une promenade. Acquérir un livre ou une œuvre, c’est reconnaître une démarche artistique qui me touche, soutenir une pratique, et conserver une trace physique d’une rencontre, d’une émotion ou d’un questionnement. Cela participe aussi à faire vivre un écosystème plus large, où artistes, éditeur·ices, curateur·ices, libraires, imprimeur·euses et publics interagissent et se renforcent mutuellement. Chaque acquisition devient alors une manière de valoriser un travail souvent fragile, de permettre la continuité d’une recherche, et de tisser des liens concrets entre les différentes composantes du monde de la photographie contemporaine. C’est une manière engagée de prendre part à la chaîne de création et de diffusion des images. Michael Ackerman, Smoke. Julie Calbert, Ekho. Antonio Jiménez Saiz. Ce qui m’intéresse, c’est ce que les œuvres déclenchent en moi : un écho, une résonance, un trouble. Je suis souvent attirée par des propositions fragiles, sensibles, où la photographie explore le hors-champ, l’absence, la trace. Les livres, eux, me touchent par leur matérialité, leur séquence, leur silence, le papier fragile. J’aime particulièrement ceux qui laissent place au doute, à la lenteur, à une forme d’intimité. Dirty by Wysocka Magdalena My Husband by Tokuko Ushioda There Is No Light at the End of the Tunnel Because the Tunnel Is Made of Light, Ryan Spencer Minutes to Midnight, Trent Parke À terme, j’aimerais imaginer des formats de rencontres autour de la collection : montrer des œuvres, raconter leur histoire, inviter d’autres collectionneur·euses, artistes, éditeur·ices à partager leur rapport à ces objets que l’on choisit d’accueillir chez soi. Image décrite dans le premier article Marque-page0
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