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Les Bons plans du Week-end par Estelle Francès : Venise enracinée

Temps de lecture : 1 minute et 31 secondes

Cette semaine, nos bons plans du week-end sont guidés par notre invitée de la semaine Estelle Francès (lire son portrait publié lundi 20 mars). Direction l’Italie, sur les rives de l’Adriatique à Venise.

Le ghetto
Sans grand monument, situé dans le quartier de Cannaregio, cet ensemble offre à comprendre l’histoire des Juifs à Venise. Il leur était tout d’abord permis de venir y faire commerce mais pas d’y habiter. Au XIVème siècle, pour la première fois, les Juifs sont autorisés à habiter Venise, moyennant finance mais la charte qui définit leurs droits et devoirs n’est pas renouvelée. C’est au XVème siècle que les Juifs peuvent définitivement s’installer à Venise sur le site d’une fonderie « geto »,à l’origine du terme ghetto qui désignera ensuite tout quartier réservé aux Juifs. Les Juifs n’ont pas le
droit de sortir le soir, le guetto est fermé. La population s’accroit dans ces quartiers réservés, ce qui entraine la construction des immeubles les plus hauts de la ville, jusqu’à 8 étages. Mais le guetto nuove devient trop petit, le guetto vecchio est alors créé autour d’une fonderie plus ancienne, puis pour accompagner la croissance de la population, le guetto nuovissimo.

Le déclin de la ville marque le départ des communautés les plus aisées et naturellement anticipe le déclin du guetto. Sous Napoléon, la ségrégation est supprimée mais ce n’est qu’au XIXème siècle que le Juifs obtiennent l’égalité des droits.

Le canal et ses vaporettos, ses architectures et ses couleurs nous offrent un voyage permanent dans le temps et l’espace, une œuvre d’art à part entière.
L’eau accentue la fragilité de la ville et rythme les flux des populations, résidents, travailleurs,touristes, artistes.
L’art contemporain se confronte à la rigueur de l’histoire, sa fragilité, sa beauté et sa violence. Une exploration toujours renouvelée par un environnement en perpétuel mouvement.

L’absurdité des paquebots aux abords, monstres décomplexés et impudiques. Building mobiles d’une société marchande inconsciente de la pauvreté des traces qu’elle laisse face à tant de richesses archéologiques, historiques et sociales.

La biennale d’art contemporain s’y trouve sublimée même si le marché ventripotent déborde et tend à étouffer les attentes curieuses, fraiches ou fantasques que nous venons rechercher.
Venise est exigeante, vivante, remuante, délicieuse, elle excite la pensée et les sens, perpétuellement sujette au romantisme, à la passion, à l’abandon.
> Voir notre article publié le 21 mars dernier sur la Biennale de Venise.

http://www.labiennale.org

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