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Carte Blanche à Maud Leclair : Inside the Cannes Festival

Temps de lecture : 1 minute et 24 secondes

Maud Leclair est notre invitée de la semaine « spéciale Cannes » (lire son portrait publié lundi 22 mai), à l’occasion de sa carte blanche, aujourd’hui elle a nous immerge dans l’ambiance du festival de Cannes.

Pour ceux qui ne connaissent pas le Festival, ou qui ne comprennent pas l’engouement autour cet événement, il faut tenter d’expliquer comment pendant ces 10 jours la manifestation concentre et réunit des mondes qui parfois s’opposent, se côtoient, se nourrissent les uns des autres et crée un eco-système tout à la fois étonnant, dissonant et fonctionnel.

Le festival aux yeux du grand public ce sont les stars, les paillettes, le luxe et un peu d’art. Mais cette partie visible, qui certes attire la lumière et donne à voir ou à rêver existe bien en réalité augmentée. Que je m’explique, ici tout est démultiplié, organisé, pensé pour que les artistes brillent sous les projecteurs, qu’ils soient plus beaux, plus talentueux, plus iconiques. Et plus inaccessibles. Suites, voitures, VIP corner, ils sont là et ils sont loin. Loin de ceux qui composent la deuxième force de Cannes, les festivaliers.
Un festivalier, c’est un immigré à durée déterminée à Cannes. Les festivaliers regroupent différentes catégories, du studieux cinéphile, aux acteurs de l’industrie. On les reconnaît à leur badge flottant au vent, à leur marche rapide le long de la croisette, à leur manière d’être accroché à leur téléphone. Tout se troque au cellulaire, rendez-vous, places de cinéma, diner et soirée de film. La vie du festivalier est trépidante dans un mouvement perpétuel du matin au petit matin. Les festivaliers sont pressés, excités, fatigués, énervés. Mais aussi parfois heureux quand le film est réussi, éblouis quand les stars sont là, émus quand la projection les surprend. Les festivaliers électrisent le Festival devant les yeux étonnés et moqueurs des habitants et des badauds.
Car les régionaux sont bien présents, ils animent les montées des marches, tapissent la croisette, commentent et critiquent tenus, contenus et attitudes. C’est aussi leur Festival et ils ne se le laisseront pas voler. De ce fait, tout contribue à ce que l’écosystème devienne une bulle, hors du temps, hors du quotidien, hors du monde. Une bulle, où la réalité est souvent plus présente sur les écrans que pour ceux qui y sont. Et c’est la magie de Cannes, où la vie semble plus grande que le grand écran.