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La Galerie Camera Obscura présente pour cette première exposition de l’année une exposition à quatre mains. Initulée « PaperWorks », elle rassemble les photographies de Sarah Moon en résonance au travail pictural d’Ilona Suschitzky, un dialogue entre deux amies à la sensibilité commune.
Didier Brousse, fondateur et directeur de la galerie, a répondu à nos questions.

9 lives : Aujourd’hui, vous présentez à la galerie, deux artistes Sarah Moon et Ilona Suschitzky, pourquoi avoir choisi de rassembler les œuvres de la peintre et de la photographe au sein d’une même exposition ? 

Didier Brousse : J’avais fait la connaissance d’Ilona à l’occasion d’un voyage au Japon où elle accompagnait (ainsi que son mari, Peter Suschitzky, célèbre chef opérateur) Sarah et Robert Delpire. Nous étions ensemble à Kyoto pour une exposition de Sarah dans un musée. Rencontre extrêmement sympathique et qui m’avait montré leur complicité, derrière des personnalités par ailleurs bien différentes.
Sarah et Ilona sont amies depuis de nombreuses années et Sarah a une vénération pour son travail de dessin, son imaginaire. C’est lorsqu’elles ont fait un travail à 4 mains, « Hidden » (dessins d’Ilona sur des photos de Sarah), que l’idée nous est venue de faire cette exposition. Le projet a ensuite pris du temps, 2 voire 3 années, pour trouver son chemin.
9 lives : Comment avez-vous abordé la composition de cette exposition ?
D. B. : La cohabitation du dessin et de la peinture d’Ilona et de la photographie de Sarah : c’est précisément en faisant l’expérience, chez Sarah, de confronter concrètement leurs oeuvres, que nous est apparue la cohérence, le dialogue possible, pour autant que l’on choisisse des photographies ayant une certaine qualité de simplicité « non réaliste », voire d’abstraction. Ainsi le dialogue avec le dessin est fluide. Sarah a justement travaillé récemment avec d’anciens polaroïds positifs noir et blanc (elle utilise d’habitude le négatif du polaroïd) qu’elle avait sommairement fixés à l’époque, et qui portent maintenant les stigmates de ce fixage imparfait : traces du bâton de fixatif, parties mal fixées, etc… Cet effacement de l’image, cette impermanence, touche quelque chose de profondément présent, primordial même dans la photographie de Sarah. Elle a donc choisi un certain nombre de ces polaroïds, qu’elle a fait reproduire sur film et ensuite tirer au format 50 x 60 cm (ou tirer par contact pour certains). Nous avons trouvé que cette série marchait très bien avec les dessins. Pour le reste, les tirages charbon couleur des fleurs de Sarah étaient également un bon accompagnement au travail sur le même sujet d’Ilona.
C’est ainsi que s’est construite l’exposition.
9 lives : La galerie est spécialisée dans la photographie classique et contemporaine depuis ses débuts, est-ce la première fois que vous exposez de la peinture ? 
D. B. : Nous avions déjà exposé par le passé des peintres (Marcelo Fuentes, Chuta Kimura), des céramistes (Enric Mestre, Jane Norbury) et aussi des peintures de Saul Leiter et les herbiers de Robert Delpire.
C’est évidemment un tout petit pourcentage de nos expositions, mais ce pas de côté est très intéressant et rafraîchissant pour nous !
INFORMATIONS PRATIQUESPaperWorks
Sarah Moon & Ilona Suschitzky
Du 12 janvier au 17 mars 2017
Galerie Camera Obscura
268, Boulevard Raspail
75014 Paris
Ouvert du mardi au vendredi 12h – 19h et le samedi 11 – 19h
http://galeriecameraobscura.fr

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