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Amaury da Cunha vient de publier son deuxième ouvrage de l’année, après Demeure publié au printemps dernier aux éditions H’Arpon, découvrons Basse Lumière, un récit qui vient de sortir aux éditions Filigranes à travers les mots de Pascal Therme.

Dialogues entre un texte et des images, film secret des hors champs, tout un espace se crée entre ces voix de Basse Lumière et ces personnages issus du rêve argenté, poèmes à l’instantanéité prenante, au départ de l’enfance et de sa surprenante sur-réalité. les fantômes ne sont plus des fantômes, mais un jeu d’apparitions/disparitions qui modèle le présent, et qui produit l’image dans la photographie… la profondeur des miroirs se fait appel secret de ce qui n’a pas disparu et qui paraît, apparaît, se manifeste, dans une sorte de trouble touchant, ce qui forme la visibilité et la chair de ces images, immenses et sages, impertinentes et lentes, rapides et spacieuses, un grand ciel attend de fondre sur une terre aux confins sauvages et secrets.
Ce qui est assez pertinent chez Amaury, c’est cet au-delà du jeu de cache-cache mémoriel, ce qui fait image, ce qui crée l’intensité charnelle du temps, ce sont ces corps qui s’évadent ou se cherchent, occupés par une action de l’intimité psychologique irrationnelle, (d’où leur appartenance à un film de Godard, de Rivette) en eux-mêmes, renvois des présences, charmes opalescents des silhouettes, brume annonçant ces apparitions, quand le mystère demeure et que fond la nuit des sens aux appels tus.

Personnages à peine dégagés de l’ombre du souvenir, Tout un topos imaginaire prend part au grain nuptial de cette photographie qui essaime littérairement, proche de l’espace que créent les textes de Basse Lumière, phrases qui volent au vent, énigmes qui maintiennent leur pouvoir, ombres qui se déracinent , jeux d’énigmes et de souvenances inscrites aux plis de ce regard qui traverse le temps pour le lire « à reculons », en « rewind » mais aléatoirement et qui troue une cohérence énonciative (diégétique) dans… son continuum, l’articulation poétique d’une installation, d’un théâtre à la Sarraute… où se perçoivent les froissements et les présences… avancer, reculer, surprendre, se cacher, partir, revenir, traverser, tout communique, hors des traversées que l’écriture propose comme solutions à la présence de l’irrationnel et de cette sur-réalité de fond…
Effet assez rapide, mais très surprenant qui laisse le « lecteur » aux prises avec sa propre incertitude…Une communication s’est établie entre trois acteurs…. une fièvre s’empare de tout un monde sonore et visuel et le porte vers un silence où ça se met à bruire, à vivre, à être, petits mystères derrière le miroir…

INFORMATIONS PRATIQUES

Basse Lumière
Amaury da Cunha

120 x 200mm
64 pages
ISBN : 978-2-35046-443-5

http://amaurydacunha.com

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