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David Sauveur par Xavier Soule

Temps de lecture : 1 minute et 21 secondes

Cette semaine se déroule, devant la Cour d’Assises de Perpignan, le procès des agresseurs de David Sauveur (voir l’article publié le lundi 12 décembre). Aujourd’hui, Xavier Soule, Président Directeur général de l’agence VU’, partage avec nous ce texte. David a lui-même sélectionné ces 3 images qui illustrent cet article.

Reporter de guerre, couvrant les conflits les plus graves de l’Afghanistan au Liban, David Sauveur est de ces photo-journalistes pour qui rien de ce qui est du chaos du monde ne doit être ignoré des images qui nous informent.
Toujours disponible pour partir dans l’heure au mépris de tous les dangers que sa profession sait évaluer et surmonter, il est pourtant de ceux pour qui le désir de savoir ne se limite pas à quelques images dramatiques. Ses travaux sont toujours construits sur une documentation exceptionnelle, faisant de la géopolitique, de l’histoire des Hommes et de la souffrance des peuples la raison première du regard qu’il porte. 

Présent à l’actualité terrifiante, il sait aussi que la compréhension des choses ne peut se contenter de la seule brièveté des événements et depuis toujours il tient à mener des travaux de longue durée comme ces huit années à suivre l’intifada ou son reportage en Afghanistan sur la trace des Hazaras.

Le grand garçon maigre et souriant qui déambule dans les bureaux de VU’, nous raconte qu’il aime les dispositifs les plus simples et directs, une caméra légère, des séries d’anecdotes du quotidien et ce regard d’amitié immédiate.

En exergue poétique de ses reportages sur l’horreur, David construisait depuis longtemps un travail au Polaroïd plein de lumières et de douceurs intimes « To the last path » à Jérusalem, sur « le bruit du vent » à Saint Malo, sur le pays basque ou sur les balkans depuis 2003.
Ce dialogue des images de feu et de sang avec la profonde douceur de la terre des Hommes, laisse entendre la voix exceptionnelle d’un photographe fait d’attention au monde.

Comment imaginer qu’au retour de Libye, il croise la route de ces caïds de pacotille, sordides ivrognes écervelés,  qui pour un ou deux grammes d’alcool en trop, deviennent des assassins.
Comment comprendre qu’il ne va plus nous aider à voir avec la même ambition du monde.

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