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David Sauveur par Alain Mingam

Temps de lecture : 1 minute et 14 secondes

Aujourd’hui se clot le procès des agresseurs de David Sauveur (voir l’article publié le lundi 12 décembre), toute la semaine, nous avons publié des témoignages de personnalités qui ont côtoyé de près ou de loin, le photographe. Aujourd’hui, nous donnons la parole à Alain Mingam, consultant et commissaire d’exposition.

Le poids d’une absence.

Le Prix Fnac 2000 «  Attention talent » avait plus que raison d’honorer David Sauveur. Car les images de David manquent terriblement à la lecture de notre monde en effervescence, au décryptage des dangereux  conflits qui sévissent ou germent d’Alep à Moscou ou Washington.

J’avais fait connaissance avec David au retour de son 1er reportage en Israël et en Palestine. La beauté de ses images aussi fragiles que la danse improvisée de jeunes filles à Bethléem, contrastait superbement avec la force de ses cadrages au plus près des jeunes palestiniens dansant au quotidien le tragique ballet ailé des lanceurs de cailloux à l’arbalète, artisans démunis des intifada en cours.

David dégageait dans sa nature, tout sourire et toute empreinte de sérénité et d’humilité  l’évidence  d’un tempérament qui imposait d’emblée le respect de sa démarche de «  grand », et par que par la taille de photographe en herbe. Par amour des peuples fréquentés autant que par passion d’une photographie, qui ouvrait autant son cœur généreux, que le diaphragme de son œil d’esthète exigeant, curieux, averti.

Sans jamais pouvoir se désolidariser de son appareil photo,  évident et noble outil, vital, de son regard aigu sur les tragédies du monde parcourues, en Afghanistan, au Liban ou en Sierra–Leone.

Agressé, David a voulu protéger son boîtier, trésor prolongé de ses yeux si précieux pour notre regard sur notre humanité à la dérive. Ses lâches agresseurs ont commis sur la personne de David un crime, en lui causant cette infirmité qui le cloue loin de cette  famille de photographe, dont il est une des figures les plus talentueuses et attachantes. Il est des absences qui restent ancrées au plus profond de nous telles de réelles présences.

Alain Mingam.