Temps de lecture : 2 minutes et 38 secondes

Cette semaine, nous partageons, dans notre rubrique consacrée aux photographes, le journal de déconfinement de Jean-Michel André. Un travail débuté en plein cœur du confinement imposé par le gouvernement. Le photographe a réalisé cette série de diptyques confrontant ainsi l’enfermement à la liberté. Ce sujet s’est finalisé, le 11 mai 2020, date du déconfiement progressif.

Cette série est née de la volonté de m’exprimer par mon médium, la photographie, sur cette période incertaine que nous vivons tous.
J’ai pris ma décision trois semaines avant la date de déconfinement.
Au début, l’arrêt qui nous a été imposé ne m’a pas déplu. Il nous donne une leçon d’humilité et j’ai bien sûr appliqué toutes les mesures nécessaires en réponse à la crise sanitaire.
Au bout de 30 jours, l’acte photographique m’a terriblement manqué et j’ai voulu témoigner de l’épreuve que nous traversons en photographiant l’intime et l’extérieur. J’ai donc pris la décision de réaliser dix-huit diptyques jusqu’au 11 mai 2020, date du déconfinement en France.
La première photographie de ces diptyques est composée d’un autoportrait et d’une scène extérieure d’un paysage voilé, en manque d’air.
Tous ces diptyques sont composés d’une photographie prise chez moi et d’une photographie réalisée pendant mon heure quotidienne de déambulation dans le quartier du Virolois à Tourcoing.
Je photographie ma fille, ma compagne, des détails de notre logement mais aussi l’extérieur en proposant une réflexion autour de la gravité du moment, du manque de liberté, de nos peurs, mais aussi de nos rêves et de l’insouciance de l’enfance.
Il s’agit du moment présent et de l’après. Qu’est-ce que cette épreuve dit de nous ?
– Jean-Michel André

Depuis une dizaine d’années, je poursuis un travail de création photographique, au croisement des lectures plastique et documentaire. Ma démarche repose sur une vision politique et poétique du territoire. J’interroge ses limites, sa mémoire et ses évolutions. J’explore aussi la notion de circulation, et notamment celle liée aux flux économiques, financiers et migratoires. C’est l’un des fils conducteurs de l’ensemble de mes séries.
Ayant passé presque toute ma vie hors des frontières hexagonales, en Espagne, sur le continent africain et dans la caraïbe, je peux aussi affirmer que les voyages nourrissent mon travail sans toutefois prétendre dire un pays ou ses habitants. Je préfère emprunter les chemins de traverse : révéler l’ombre, inviter à l’exploration d’une géographie intime.
Dans Dos à la mer, série réalisée dans la Caraïbe, soutenue en 2010 par une aide à la création de la DRAC Martinique, je photographie l’effondrement d’un modèle de développement fondé sur le tourisme. Dans L’autre pays (2010-2015), j’entreprends l’archéologie à ciel ouvert de l’explosion de la bulle immobilière en Espagne. Avec Borders (série primée en 2017 par la Bourse du talent puis soutenue par le Cnap en 2018), je provoque la mise en tension de portraits et de fragments de paysages pour interroger la notion de frontière et ses blessures.
Cette dernière série marque une évolution sensible de mon parcours de photographe et de mon questionnement. Je ne m’attarde plus seulement sur les « causes et conséquences » des dérives humaines, mais je propose une lecture de la « relation » à l’Autre que notre société entretient.

D’autres séries sont disponibles ici : http://hanslucas.com/jmandre/photo
http://www.jm-andre.com (site personnel)
jmandre.arts[at]gmail.com

SUR LE MÊME THÈME :
Les jours se suivent, une série de Céline Gaille
Gaëlle Magder présente La Divine Tragédie
Thomas Louapre : Le confiné libéré, journal d’un huis clos
Anna Bambou : En quarantaine, une série à quatre mains
Confine qui peut, une série en cours de Charles Delcourt


Vous êtes photographes et vous souhaitez donner de la visibilité et de la résonance à votre travail ? Notre rubrique Portfolio vous est consacrée !

Comment participer ?
Pour soumettre votre travail à la rédaction, il vous suffit d’envoyer à info@9lives-magazine.com

• Une série composée de 10 à 20 images. Vos fichiers doivent être en 72DPI au format JPG avec une taille en pixels entre 900 et 1200 pixels dans la plus grande partie de l’image ;
• Des légendes (si il y a) ;
• Un texte de présentation de votre série (pas de format maximum ou minimum) ;
• Une courte biographie avec les coordonnées que vous souhaitez rendre public (site web, email, réseaux sociaux…)

X
X