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Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invité de la semaine, le directeur de publication de De l’Air, Stéphane Brasca, a souhaité partagé l’une de ses photographes coups de cœur. Il s’agit d’Elene Usdin, artiste éclectique qu’il a découverte en 2006. Son écriture artistique, qu’il qualifie d’inédite dans le paysage photographique français !

Elene Usdin incarne à merveille l’éclectisme du magazine de l’air. Découverte en 2006, cette artiste photographie, illustre, peind, coud, tricote, bricole, chante etc.

J’ai publié la première fois Elene Usdin en 2006, juste après avoir reçu sa série d’incroyables autoportraits. Je ne connaissais pas cette jeune femme de 35 ans à l’époque sortie de École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris dix ans auparavant et qui naviguait entre illustration et photo. A cette époque, la photo avait pris le dessus, en témoigne le prix Picto de la Jeune Photographie de Mode qu’elle venait d’obtenir.

Elene Usdin est devenue avec le temps une signature du magazine. Nous l’avons accompagné dans sa carrière en publiant un certain nombre de ses séries ou en l’intégrant dans des numéros thématiques (le nu, la nuit, le paysage, mai 68… ). Je l’ai également présenté dans des manifestations autour de de l’air ou bien encore au musée de la photographie à Nice il y a quelques années pour une expo autour du portrait (avec notamment Marion Gronier, Patrick Swirc et Bertrand Desprez).

L’écriture d’Elene Usdin est selon moi inédite dans le paysage photographique français. C’est une pure artiste doublée d’un couteau-suisse. Elle photographie et dessine mais elle sait aussi coudre, peindre, tricoter, coller, filmer, chanter, bricoler… Longtemps, elle a mis sa palette de savoir-faire à son propre service pour des autoportraits souvent nus emprunts d’autodérision. Une fois qu’elle en avait fini avec elle (un livre chez Contrejour, « Stories » rassemble cette période, mais est-ce vraiment terminé?), elle s’est tournée vers les autres. A l’instar de sa série de portraits à Detroit, dans le vieux quartier de Woodbridge, qui a vu fleurir après la crise de 2008 une vie communautaire presque parfaite (NDR: dans la carte blanche consacrée à Julien Chatelin mardi, je présentais sa série sur Detroit, réalisée juste après les années post-crise et marquée par l’abandon et la résignation. Avec Elene Usdin, on boucle la boucle en douceur). Cette résurrection fait d’ailleurs l’objet d’un livre, We are Woodbridge, publié par l’éditeur américain Wayne State dans les prochaines semaines. Ces dernières années, l’artiste a repris ses crayons et a multiplié les illustrations dans la presse parallèlement à ses résidences photo ou ses séries de mode. Partagée dorénavant entre Paris et Bruxelles, Elene s’attelle à son premier roman graphique à paraître en septembre 2021 aux éditions Sarbacane.

https://www.eleneusdin.com/

 

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