Chrystèle Roveda, directrice du Centre du patrimoine arménien, est notre invitée By La Rédaction 3 jours ago
Paris Photo 2026 : Interview Anna Planas, directrice artistique By Marie-Elisabeth De La Fresnaye 2 jours ago
La Biennale de la Petite Photographie, une manifestation manifeste Rencontre avec Éric Antoine 20 octobre 2026
A la MEP, Interview Nanténé Traoré : aux confins de l’indicible et de la dissolution de l’image 14 octobre 2026
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026
Partager Partager Avec Eternal U, paru aux éditions Blow Up Press, Hubert Humka nous offre une longue et belle réflexion autour du devenir du corps post-mortem. Le photographe a parcouru des cimetières verts, lieux où les dépouilles sont enterrées sans pierres tombales, sans symboles religieux, dans des contenants biodégradables, et où un arbre de notre choix est planté ensuite. Cet ouvrage fait suite au livre Death Landscapes (même éditeur) et à la série Evil Man, et clôt un cycle dans lequel le photographe s’interroge sur la mort. La mise en page d’Aneta Kowalczyk est toujours aussi soignée, avec notamment les textes embossés qui laissent une impression presque rugueuse d’écorce ; le contenant fait la part belle à des papiers recyclés, épais, où nous trouvons par moments une texture comme celle des feuilles d’arbre. Des futaies immenses, des taillis, puis des écorces. Au sol des feuilles, l’odeur de l’humus. D’autres futaies, d’autres racines, d’autres écorces, des arbres, encore des arbres, comme les témoins d’un temps éternel. Le promeneur déambule, fouille du regard, s’arrête, repart, le temps est immémorial, figé et cyclique. Puis des arbres, des feuilles, encore des taillis, des futaies. © Hubert Humka Le sujet d’Eternal U n’est pas l’arbre en tant que tel. Hubert Humka ne fait pas une recension des espèces vivants dans ces cimetières verts. C’est plutôt l’idée de l’arbre comme témoin d’une vie qui ne cessant jamais vraiment se poursuit après la mort. Le corps humain se désagrège, poussière il redevient poussière, mais poussière nourricière qui des racines aux cimes transmet l’énergie vitale et nécessaire à la croissance, à l’arrivée du feuillage, au bourgeonnement. Nos vies seraient-elles cela ? Un vaste mouvement cyclique sans fin et sans interruptions où le vivant se donne au vivant ? A bien y regarder c’est d’une évidence telle que nous l’oublions et nous n’y faisons plus attention. Pourtant, comme l’a dit Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Et la vérité est que nos corps, que nous jugeons si précieux, parfois de manière exagérée, vont eux aussi participer à ce vaste mouvement. On se transforme, on devient une part de cette écorce, de cette sève, de ces racines. Nous ne sommes pas la forêt, pas plus que la forêt n’est nous, mais nous sommes réunis malgré tout. © Hubert Humka © Hubert Humka Les forêts d’Hubert Humka sont métaphoriques, et là où nous pourrions voir juste un grand cimetière, lui nous amène dans un labyrinthe inextricable où la vie jaillit à chaque instant. Dans un texte accompagnant les photographies (rédigé en anglais et en français), il écrit : « Je suis désormais comme la pierre, l’arbre, la mousse. » Quelle belle idée ! Devenir autre chose après la mort, ne pas disparaître simplement, mais dorénavant vivre autrement. L’idée de la réincarnation appliquée de façon pratique. Tout ceci, ces sépultures vertes, n’est pas une volonté d’éternité, semble-t-il, du moins pas une volonté de laisser une trace indélébile et ineffaçable. Au contraire, il s’agirait peut-être plutôt de donner au vivant une part de soi pour qu’il se perpétue, une forme de remerciement pour tout ce qu’il a pu nous offrir durant notre existence. La Vie est multiple, précieuse et il y a quelque chose de plus vaste que nous simples humains dont nous ne sommes qu’une part minuscule et infime. Dès lors autant accepter notre finitude et se rendre disponible par la suite. © Hubert Humka Eternal U est un livre plein d’espoirs. Certes, la mort en est le sujet, mais le choix opéré par Hubert Humka de photographier ces cimetières verts, la réflexion induite par ces images donne à nos disparitions futures quelque chose de joyeux, de vivant. Devenir un arbre, nourrir ses racines, participer à sa croissance : quelles belles idées ! Cessons donc de peupler des cimetières de marbre et de granit, cessons ces caisses de bois vernis, cessons d’être terrifiés. Demain des oiseux viendront chanter sur nos branches. INFORMATIONS PRATIQUES Eternal U Hubert Humka Blow Up Press 23,5x32cm, 92 pages Français | Anglais 70€ https://www.huberthumka.com/ https://blowuppress.eu/ Marque-page1
Evénements Rafael Pavarotti, la couleur comme manifeste au musée des Arts décoratifs Cet automne, le musée des Arts décoratifs consacre une exposition inédite à Rafael Pavarotti, jeune photographe brésilien devenu en quelques années l’une ...
Evénements Paris Photo 2026 : Interview Anna Planas, directrice artistique Avec 246 exposants,199 galeries et 48 éditeurs venus de 38 pays, la 29ᵉ édition de Paris Photo célèbre en avant-première le Bicentenaire ...
Evénements Pinault Collection et Bicentenaire de la photographie : dans l’œil du collectionneur Un œil surdimensionné dans un rectangle, posé sur ce qui ressemble aux nervures de la peau : un collage qui agit comme ...
L'Edition Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray
Chrystèle Roveda, directrice du Centre du patrimoine arménien, est notre invitée By La Rédaction 3 jours ago
Paris Photo 2026 : Interview Anna Planas, directrice artistique By Marie-Elisabeth De La Fresnaye 2 jours ago
La Biennale de la Petite Photographie, une manifestation manifeste Rencontre avec Éric Antoine 20 octobre 2026
A la MEP, Interview Nanténé Traoré : aux confins de l’indicible et de la dissolution de l’image 14 octobre 2026
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026