Depuis 2017, l’association des Amis du musée Albert-Kahn poursuit son engagement en faveur de la photographie contemporaine à travers la tenue de son Prix Photographique. Le jury s’est réuni pour désigner son nouveau lauréat : il s’agit du photographe béninois Léonce Raphaël Agbodjélou pour sa série Egungun. Le photographe français Thierry Bouët se voit, quant à lui, décerner une mention spéciale du jury pour sa série #1, inventaire des numéros 1 des rues de Paris. Les deux artistes seront exposés au musée Albert-Kahn à partir du 23 mai prochain, dans le cadre du festival Mondes en Commun.

Ce prix est doté d’une bourse de 5 000€ pour le lauréat, Léonce Raphaël Agbodjélou. Thierry Bouët reçoit 1 500€ en soutien à son travail d’édition dans le cadre de la mention spéciale.

©Léonce Raphael Agbodjélou. Egan series, 2025. Courtesy of Guezo Foundation.

Egungun, Léonce Raphael Agbodjélou
Lauréat du Prix des Amis du musée Albert-Kahn 2026

« Je suis très honoré de recevoir le Prix des Amis du musée Albert-Kahn, dont je salue l’engagement constant envers la création photographique contemporaine. Cette reconnaissance revêt une importance particulière pour moi. En tant qu’artiste, mon travail s’inscrit dans une volonté de partage et de transmission de ma culture et des habitants de ma ville natale, Porto Novo au Bénin. Un grand merci à toutes les personnes qui me soutiennent et m’accompagnent dans ma démarche artistique qui entre en résonance avec les valeurs d’ouverture, de dialogue entre les cultures et d’engagement qui sont aussi portées par le musée départemental Albert-Kahn. »

Dans la tradition Yoruba (Bénin, Nigéria et Togo) et Fon (Bénin), les Egunguns représentent les esprits des ancêtres qui reviennent symboliquement parmi les vivants lors de cérémonies sacrées. Ils incarnent la continuité entre le passé et le présent, visible et invisible, la protection et la transmission des valeurs familiales et communautaires.

©Léonce Raphael Agbodjélou. Egan series, 2025. Courtesy of Guezo Foundation.

À travers ses photographies, Léonce Raphael Agbodjélou réinterprète cette tradition en la plaçant dans un contexte contemporain. Il met en scène les Egunguns dans des décors modernes, créant un dialogue puissant entre héritage ancestral et réalité actuelle. Il ne documente pas simplement une tradition : il la recontextualise.

Léonce affirme une identité béninoise forte, fière de ses racines et consciente de son histoire. Son travail s’affirme comme une exploration visuelle du lien entre héritage ancestral et réalité contemporaine, célébrant une identité béninoise fière et solidement enracinée dans son histoire.

©Léonce Raphael Agbodjélou. Egan series, 2025. Courtesy of Guezo Foundation.

Né en 1965 à Porto-Novo au Bénin, Léonce est un photographe majeur de l’Afrique de l’Ouest. Fils du célèbre photographe Joseph Agbodjélou, il s’initie très jeune à la photographie de studio et au portrait, formé directement par son père. Cette transmission familiale influence profondément son regard artistique.
Photographe et enseignant, il joue un rôle essentiel dans le développement de la photographie au Bénin en fondant la première école de photographie du pays et en présidant l’Association des Photographes de Porto-Novo. Son travail le plus connu, la série Citizens of Porto-Novo, met en lumière la vie quotidienne, les traditions et la modernité de la capitale béninoise à travers des portraits sensibles et expressifs. Collections
Alliant héritage traditionnel et thématiques contemporaines telles que l’identité et la modernité, Léonce Agbodjélou s’impose comme une figure incontournable de la photographie africaine contemporaine sur la scène internationale.

Série #1, Thierry Bouët
Mention spéciale du Prix des Amis du musée Albert-Kahn 2026

1 rue Ernest et Henri Rousselle 75013 Paris, avril 2018 © Thierry Bouët

Un par un est un inventaire des bâtiments portant le numéro 1 de leur rue dans les vingt arrondissements de Paris. La première plaque bleue émaillée apparaît sous le Premier Empire.
La série contient 600 photographies de façades estampillées d’une plaque numéro 1 visible sur la photo. Chaque arrondissement compte 30 photos pour un total de 20 arrondissements.
La méthode consiste à stationner devant les portes et photographier tous les mouvements pendant une heure. Le dispositif comprend un appareil photo Nikon plein format vissé sur un trépied pour verrouiller le cadre. L’avantage du principe permet de garder ou de supprimer des personnages. Ne répondant plus totalement à la certification documentaire, le résultat est une mise en scène de personnages du réel qui ne se sont jamais croisés dans la réalité.
Pendant le temps de pose, les portes sont poussées à la rencontre des habitants, des ententes et des querelles. Les témoignages permettent de passer la muraille et d’y apprendre la vie de petites communautés territoriales.
Chaque photo se présente comme une scène de théâtre avec sa propre histoire, son unité de temps, de lieu et d’action. La narration participe à un chemin

Photographe reconnu en France comme à l’international, Thierry Bouët parcourt la planète à la recherche de sujets auxquels personne ne prête attention. Ses travaux sont distribués dans la presse et exposés dans de nombreuses institutions culturelles à travers le monde. Il a été exposé dans le cadre des Rencontres d’Arles en 2015 et a été résident de la Villa Médicis en 2023. Il a mis en ligne en 2021 son fonds de plus de 14 000 photographies.
Thierry Bouët explore des sujets du quotidien. Sensible à la poésie de l’anecdotique, il n’hésite pas à aller à la rencontre des personnes et de leurs environnements, afin de questionner visuellement ce qui compose nos mondes.

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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