Temps de lecture : 1 minute et 33 secondes

Marc Lenot est notre invité de la semaine (lire son portrait publié lundi 1er mai), dans le cadre de sa carte blanche, le critique d’art a souhaité nous parler de danse contemporaine avec la compagnie Les gens d’Uterpan.

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de danse. Je suis loin d’être un grand connaisseur en danse, tant classique que contemporaine, mais depuis quelques années je m’intéresse de plus en plus à la danse très contemporaine. J’ai ainsi découvert (à la Biennale de Lyon en 2007) une compagnie de danse, qui, oh étrange, était présentée dans la Biennale même aux côtés des artistes plasticiens : les gens d’Uterpan, des chorégraphes Annie Vigier et Franck Apertet. Cela m’a tout de suite intéressé, car il n’y avait plus de frontière, ni spatiale entre danseurs et spectateurs, ni temporelle entre préparation, échauffement et spectacle proprement dit, ni conceptuelle entre dans et art contemporain. On assistait à tout et de tout près, j’étais un spectateur toléré dans l’espace chorégraphique, n’osant trop m’approcher, ni trop bouger, mon corps entrant en rapport et parfois en contact avec celui des danseurs.

J’ai depuis vu bon nombre de leurs actions (plutôt que spectacles ou performances) et contribué à quelques-uns de leurs projets. Il s’agit toujours de questionner les codes de la représentation chorégraphique, que danseurs et participants s’installent dans l’espace urbain et interagissent avec lui (Topologie), ou qu’une audition de danseurs postulants devienne un spectacle interrogeant les relations de pouvoir et économiques dans le contexte d’une compagnie (Audience), ou bien que le théâtre devienne lieu de perturbation avant un spectacle prévu (Parterre). Il s’agit de toujours contrecarrer des codes établis en y introduisant un peu d’anarchie, de bordel parfois joyeux et toujours doublé d’une réflexion critique acerbe.

Evidemment, tout cela n’est pas toujours très bien perçu et les gens d’Uterpan, entre art contemporain et danse, ont eu (c’est moins vrai maintenant) un certain mal à être reconnus en France, alors qu’ils ont rapidement eu beaucoup plus de retentissement à l’étranger : ainsi, ils font actuellement partie de documenta 14, tant à Kassel qu’à Athènes.

Que cette présentation rapide et sommaire vous donne envie d’en savoir plus. Leur site est https://www.lesgensduterpan.com.
A la suite de leur projet Uchronie autour de l’analyse des attitudes et des comportements individuels et collectifs dans la ville, une publication vient de sortir, qui n’est pas du tout un catalogue, mais une sorte d’occupation de l’espace de publication, d’infiltration dans le livre d’une uchronie collective.

https://www.lesgensduterpan.com

http://www.petite-egypte.fr/portfolio/uchronie/

Leave A Comment

Your email address will not be published.

Captcha loading...

X
X