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Partager Partager OtherSide Centre d’art Chasse Spleen : Rencontre avec Sophia Girabancas Pérez Marie-Elisabeth De La Fresnaye2 juin 2017 Sophia Girabancas Pérez est directrice de la galerie Thomas Bernard, nous l’avons rencontré à l’occasion de la collaboration de la galerie avec le nouveau centre d’art Chasse Spleen dans le Bordelais. Alors que s’ouvre ce nouveau Centre d’Art Chasse Spleen au milieu de ce vignoble prestigieux classé Grand Cru exceptionnel avec l’exposition inaugurale dédiée à Rolf Julius, l’un des artistes défendu par la galerie Thomas Bernard, sa directrice revient sur l’origine de ce partenariat inédit qui se poursuivra avec l’artiste Benoit Maire né dans la région à Pessac. 9 lives : Comment s’est faite la rencontre avec ce couple de collectionneurs Jean-Pierre et Céline Foubet qui ont décidé de doter leur domaine viticole de Château Chasse-Spleen, à Moulis-en-Médoc d’un centre d’art contemporain ? Sophia Girabancas Pérez : Cela fait plusieurs années que nous avons rencontré Céline et Jean-Pierre Villars-Foubet qui sont de véritables passionnés d’art, curieux et attentifs autant à l’art de leur temps qu’aux initiatives proches d’eux, la galerie étant originaire de Bordeaux. Ils suivent depuis longtemps la programmation de la galerie et ont particulièrement apprécié l’exposition des œuvres de Rolf Julius que nous avions faite en 2013. A cette occasion, une installation vidéo majeure a rejoint leur collection. 9 lives : Pourquoi Rolf Julius et en quoi son univers répondait il aux exigences du projet des collectionneurs et du lieu, une chartreuse attenante au château ? S. G. P. : Le travail de Rolf Julius est une œuvre délicate, sensible, poétique. Elle se nourrit de son environnement et dialogue avec la nature. Ce rapport à la nature – avec le parc du château, a été très important dans la réhabilitation de la chartreuse en centre d’art. L’œuvre de Rolf Julius s’expérimente avant tout. Elle est bien-sûr inscrite dans une histoire de l’art très riche mais elle peut aussi s’appréhender simplement, être écoutée, vue et ressentie. Je pense que cette capacité à être appréciée par un large public tout en étant très précise par sa qualité, est un bon point de départ pour le nouveau centre d’art. 9 lives : Comment s’est construite l’exposition avec la fille de Rolf Julius qui partage le commissariat avec vous ? S. G. P. : L’exposition s’est construite selon plusieurs axes. Le premier s’est développé dans le rapport intérieur / extérieur entre les œuvres et le parc du château. Cet environnement naturel exceptionnel, riche en végétation et en chants d’animaux trouve de nombreux points de rencontre avec les œuvres. Nous voulions que dans une salle obscure projetant des vidéos le visiteurs puissent retrouver des sonorités équivalentes à celles de l’extérieur et qu’à l’extérieur il se demande si certains sont proviennent des œuvres ou simplement du jardin, non pas pour provoquer de la confusion mais pour l’inviter à être attentif à son environnement, à écouter avec attention, à prendre le temps. Plusieurs œuvres à l’intérieur de l’espace d’exposition insistent sur cette démarche. »Swimming » au bord d’une fenêtre nous invite à regarder les vignes qui nous rappellent l’identité même du château, « Wind » dans le jardin d’hiver, suspendue à une fenêtre, incite à regarder au travers, vers le parc et ainsi poursuivre l’exposition dans le jardin. Car c’est aussi l’idée de parcours qui rythme cette scénographie. Il est important de « plonger » dans l’univers de Rolf Julius dès la première salle, obscure, qui présente l’installation vidéo faisant partie de la collection du château. Cette œuvre articule l’ensemble de la proposition. On découvre ensuite une pièce très lumineuse, donnant sur la terrasse, avec seulement deux œuvres pour continuer dans une salle à la lumière intimiste. On poursuit l’exposition dans un corridor offrant une perspective vers le jardin d’hiver d’où l’on peut aller à l’extérieur découvrir les autres œuvres. Enfin, il était important pour nous de montrer les différents aspects du travail de l’artiste : ses sculptures sonores bien-sûr, mais aussi ses œuvres sur papier. Photographies, dessins à l’encre, impressions s’envisagent autant comme des partitions musicales, que des poèmes ou des recherches. Le son peut être appréhendé de tellement de façons ! Avec les œuvres de Rolf Julius, la musique est un paysage qui se regarde… “Je crée un espace musical avec mes images. Avec ma musique, je crée un espace imagé. Les images et la musique sont équivalentes. Elles rencontrent l’esprit du regardeur et de l’auditeur et dans son intérieur, il en résulte quelque chose de nouveau.” (Rolf Julius, 2001) 9 lives : Pour la future exposition de Benoît Maire en 2018 origine du territoire, en quoi se distinguera t-elle ? et avez vous déjà des lignes de force qui se dégagent ? S. G. P. : L’exposition de Benoît Maire fera écho à son actualité l’année prochaine au CAPC qui lui consacrera une exposition personnelle importante accompagnée de la publication d’un catalogue. Cette exposition sera peut-être l’occasion pour Benoît d’inviter d’autres artistes avec lesquels ses œuvres pourront dialoguer. 9 lives : Qu’est ce qui vous a séduit dans l’acte de collectionner de ce couple d’amateurs d’art dont une partie de la collection parsème le domaine ? S. G. P. : Ce que j’aime dans la démarche de Céline et Jean-Pierre c’est leur curiosité. Ils se renseignent, parcours les expositions, les foires et sont ouverts au travail d’artistes très différents. Parfois par coup de coeur, parfois avec humour (il suffit d’être accueilli à l’entrée du château par les bottes démesurées de Lilian Bourgeat pour le remarquer), toujours avec une véritable sensibilité, la collection s’est construite peu à peu en cohérence avec le lieu, l’œuvre de Felice Varini dans les chais en est un bel exemple. INFOS PRATIQUES : > Oenotourisme au Château Chasse Spleen Chambres d’hôtes, Baravin, Visites dégustation/atelier sensoriel… > Centre d’art Exposition inaugurale Rolf Julius (1939-2011) Red (Inside) Commissaires : Sophia Girabancas Pérez et Maija Julius, fille de l’artiste et représentante de l’estate. Jusqu’au 30 octobre 2017 Chasse-Spleen Centre d’Art 32 chemin de la Razé 33480 Moulis-en-Médoc http://art.chasse-spleen.com Marque-page0
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