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Gérard Rancinan, dans l’enfer des dieux

Temps de lecture : 1 minute et 28 secondes

A regarder cette scène où l’artiste assis, figure en son centre, l’œil pénètre le léger rideau de brume, fumée (?) et perçoit le buste de Shiva semblant terrasser un guerrier à genoux, tout à côté d’un corps de femme nue, chair ou pierre, et que l’immense crâne se montre a moitié terrifiant.

L’indien à vélo sur le fond droit semble fixer intensément la caméra, mi-interrogatif, mi-irrité, tandis que le regard, ayant fait le tour du propriétaire revient au centre de l’image, se poser sur le visage de Suboth Gupta, à l’écharpe rouge, assis devant une tête de boeuf qui regarde également fixement la caméra. Que de regards en un seul, que de fuites et de narrations possibles, au sein d’une même photographie, fixée par le regard fixe de l’artiste.

Le message en est sans doute que le monde tourne à cent à l’heure, comme ce ventilateur, qui répond d’ailleurs par sa forme à la circonférence de la roue de la bicyclette et que, mille et une choses entrent en même temps dans la réalité pour en dire la multiplicité énergétique. L’interrogation ici domine et laisse en suspens toute certitude, où sommes-nous vraiment, rue intérieure, fausse rue, atelier, ruine, palais, musée, que font les deux personnages, au fond à gauche en léger rose est-ce Ganesha, le dieu de la chance, avec sa trompe (?) ou un élément de décor…?

Mais c’est précisément dans cette interrogation que se profile une perte des repères; une interrogation sur la Vie et la Mort, sur l’homme, prend forme à travers le regard de Suboth, dans le lien avec celui qui le photographie et qui le voit. Scène en cours de réalisation, ce portrait aléatoire me semble d’une grande involonté et d’un certain lâcher-prise, parce que tout ce qui circule dans l’image, formes, cercles , énergies, contribue au mystère de la vie prise en chasse par celui de la photographie…. et du portrait, quand celui-ci ouvre une porte à l’improviste et voit, en un éclair, les cent autres possibilités de faire, et que tout rentre à l’intérieur de la boite, comme le génie dans la lampe. Rancinan, Aladin, le génie, quoi de moins surprenant….

Gérard Rancinan, dans l’enfer des dieux 
Pascal Therme le 30/04/18

https://rancinan.com/official/photos.php?id=1

http://www.rancinan.com/official/home1.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Rancinan

http://www.lemondedelaphoto.com/Record-de-vente-pour-une,9660.html