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Carte blanche à Charlotte Flossaut : La nouvelle photographie documentaire

Temps de lecture : 1 minute et 18 secondes

Dans le cadre de sa troisième carte blanche, notre invitée de la semaine, Charlotte Flossaut, directrice de PhotoDoc partage avec nous l’extrait d’une interview réalisée par Jean-Pascal Billaud sur les nouvelles pratiques photographiques dans le documentaire.

La nouvelle photo documentaire est l’expression contemporaine de la transformation, en conscience et impérative, de notre monde, du politique au climatique. Auparavant appréhension circonspecte de l’autre, elle est maintenant dans la reconnaissance de son pouvoir. Il n’est plus temps qu’elle se constitue en simple observatrice humaniste ou en appel à une compréhension passive et distanciée. On est maintenant dans l’urgence et chacun doit prendre part à une cause commune, auteurs, exposants ou acheteurs. Valentin Bardawil, associé de la première heure, « Nous cherchons à mettre davantage de conscience dans tous nos actes, y compris photographiques, pour rendre le monde plus respirable. »

Les nouveaux comportements liés à ces pratiques de notre époque, sont reconnaissables à une grande perméabilité et disponibilité face à l’inattendu au cours des explorations de terrains.

Ces photographes-auteurs, portés par une volonté entêtée d’être au cœur de l’histoire, finissent par la partager et parfois même appartenir au sujet en question.

Ce qui se retrouvait de manière individuelle parmi la génération des ainés, quand on pense par exemple à la fusion de Koudelka avec les Gitans ou à Bruno Barbey en Pologne avec femme et enfants, à un Luc Choquer qui prolonge son approche de psychologue, ceci se généralise aujourd’hui.

Edouard Beau, photographe très concerné par les raisons des flux migratoires, s’immerge sur de longues périodes notamment au Kurdistan Irakien, dont il parle couramment la langue, avec le dessein de participer, au plus près des échanges, à la sauvegarde d’une langue et d’une culture menacées. Chloé Jaffé se fait hôtesse de bar au Japon pour dit-elle être accueillie, et non infiltrée, chez les femmes de Yakusa et n’imagine pas son travail sans une complicité mutuelle. Emeric Lhuisset accompagne sur le long terme les combattants syriens de l’armée libre qui deviennent les acteurs de ses mises en scènes de terrains… Leur pratique est sous-tendue par une volonté récurrente de mieux se comprendre eux même dans le regard de l’autre.

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