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Depuis plusieurs semaines, Van Gogh semble être très présent à Paris et particulièrement dans les couloirs du métro ! En effet, deux campagnes de publicité utilisent chacune à leur manière un autoportrait différent de l’artiste.

La première est proposée par l’Atelier des lumières. Elle est illustrée par un autoportrait peint en 1887 qui est conservé à New York au Metropolitan Museum of Art. L’Atelier des lumières se présente comme « un lieu incontournable au sein du paysage culturel de la capitale » et il annonce par cette campagne son nouveau spectacle intitulé simplement Van Gogh, la nuit étoilée. Il s’agit ici de vivre une expérience unique qui grâce à la technologie numérique permet aux visiteurs de s’immerger totalement dans l’œuvre du grand peintre hollandais par des projections XXL de nombreuses reproductions de ses toiles et ainsi faire un « voyage visuel et sonore » dans le monde de l’artiste.

La deuxième campagne concerne le Musée d’Orsay qui détourne un autoportrait faisant partie de ses collections : Portrait de l’artiste de 1989 en remplaçant le visage tourmenté de Van Gogh par celui d’un jeune garçon anonyme. Cette campagne est destinée à promouvoir les nouvelles activités du musée à destination des enfants.

Van Gogh semble donc en ce début du 21e siècle représenter un argument de poids pour tenter de convaincre le grand public des qualités récréatives d’une pratique culturelle associée à l’histoire de l’art. On peut néanmoins s’étonner et pourquoi pas se désoler, que Van Gogh et son œuvre en soient réduit à servir de faire valoir culturel pour une entreprise de divertissement (l’atelier des lumières) et d’argument marketing à portée humoristique pour le Musée d’Orsay. En effet, l’œuvre de Van Gogh est déterminante pour une compréhension de l’art moderne en général et de l’expressionnisme en particulier ; la détourner en un clin d’œil publicitaire ou l’exploiter à des fins mercantiles c’est d’une certaine façon faire oublier qu’il s’agit de tableaux ; des huiles sur toiles de formats modestes qui demandent au spectateur un certain engagement intellectuel pour pleinement apprécier et comprendre leur portée. Van Gogh a souffert de l’incompréhension que sa peinture suscitait en son temps, il souffrirait certainement davantage aujourd’hui de voir avec quelle désinvolture elle est traitée.

https://www.atelier-lumieres.com/
https://www.musee-orsay.fr/

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