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Si vous prévoyez un séjour à Londres avant le 11 mai prochain, ne ratez pas l’exposition consacrée au réalisateur britannique Steve McQueen à la Tate Modern. C’est la première grande rétrospective des œuvres de McQueen au Royaume-Uni depuis 20 ans. On pourra y découvrir ses films artistiques, mais aussi ses photographies et ses sculpture…

Né en 1969, à Londres, Steve McQueen est un artiste contemporain et réalisateur britannique. Il crée des œuvres qui abordent des questions essentielles liées à la représentation, à l’identité et à l’histoire. Cette première grande exposition depuis plus de deux décennies, présente une sélection de 14 œuvres majeures de cinéma, photographie et sculpture, elle offre une occasion de découvrir la carrière artistique de McQueen dans toutes ses dimensions.
Depuis 25 ans, Steve McQueen a créé certaines des œuvres en arts visuels parmi les plus innovantes et a réalisé quatre films particulièrement remarqués par la critique lors de leur sortie au cinéma : Hunger (2008), Shame (2010), 12 Years a Slave (2013) et Widows (2018). Cette exposition met en lumière l’importance des approches pionnières de McQueen en matière de cinéma qui ont élargi le rapport des artistes à ce médium, à l’origine de portraits poignants dans le temps et l’espace.

L’exposition présente des œuvres intimes et très personnelles tel que le premier film de McQueen tourné avec une caméra Super 8, Exodus 1992/97, fruit de sa réflexion sur l’immigration et le multiculturalisme dans sa ville natale de Londres, ainsi que 7 novembre 2001, dans lequel le cousin de l’artiste, Marcus, narre le jour tragique où il tira accidentellement sur son propre frère en le blessant mortellement. Ces deux événements sont présentés aux côtés d’installations vidéo immersives à grande échelle, telles que Western Deep 2002 et Static 2009. Commandée à l’origine pour la documenta XI de Cassel, Western Deep donne à voir une enquête intense et sensorielle sur les conditions de travail dans les mines d’or en Afrique du Sud, tandis que Static est un survol aérien de la Statue de la Liberté scrutant ainsi visuellement cette figure, familière et fortement symbolique, rarement inspectée d’aussi près.

Parmi les œuvres les plus récentes figure l’obsédante installation vidéo à deux bandes Ashes 2002-15, émouvant hommage à la mémoire d’un jeune pêcheur rencontré et filmé par l’artiste à la Grenade en 2002 et qui fut par la suite assassiné par des trafiquants de drogue l’année suivante. Pour la première fois au Royaume-Uni, les visiteurs pourront découvrir End Credits 2012-en cours, l’hommage de McQueen au chanteur, acteur et militant des droits civiques afro-américain Paul Robeson (1898-1976) qui, après une carrière d’interprète couronnée de succès, fut mis sur liste noire dans les années 1950 et placé sous surveillance par le FBI. Cette œuvre fait défiler des diapositives des rapports du FBI sur Robeson tandis qu’une bande sonore de voix énonce la lecture de documents lourdement falsifiés. L’exposition présente également Weight 2016, une sculpture exposée pour la première fois par Artangel à la prison de Reading Gaol, récemment fermée, là même où Oscar Wilde fut emprisonné et écrivit De Profundis en 1897. Présentant une moustiquaire plaquée or enveloppant un lit de prison en métal, Weight vise à produire une impression étincelante en explorant la relation entre protection et enfermement, matériel et spirituel ainsi que le pouvoir rédempteur de l’imagination.

Cette exposition coïncide avec la présentation du dernier travail de Steve McQueen, Year 3, qui est exposée à la Tate Britain jusqu’au 3 mai 2020, monumental portrait d’élèves de lycée de Londres réalisé grâce à un partenariat entre la Tate, Artangel et A New Direction.

INFORMATIONS PRATIQUES
Steve McQueen
Du 13 février au 11 mai 2020
Tate Modern
Bankside
London SE1 9TG
https://www.tate.org.uk

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