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L’éditrice Céline Pévrier est notre invitée de la semaine

Temps de lecture : 2 minutes et 51 secondes

Cette semaine, nous accueillons Céline Pévrier, l’éditrice et fondatrice de Sun/Sun. Cette petite maison d’édition basée à Montpellier édite, depuis 2014, des récits en leur donnant corps dans des ouvrages minutieux. Jusqu’à vendredi, il sera question de l’édition en photographie mais aussi d’un projet inédit sur l’éloignement qui entre en résonance avec ces derniers mois vécus en ce temps de crise sanitaire.

Le goût pour les récits hybrides marque mes choix. Je zigazgue entre plusieurs mondes et différentes pratiques éditoriales. Je commence par la presse où je développe le projet Réfugiés climatiques aux côtés du Collectif Argos (2005), avant de participer à l’édition de leur livre et de développer une exposition lors de la conférence internationale sur le climat à Copenhague en 2009. J’édite deux revues : Zmâla, revue dédiée à la photographie contemporaine en 2009, puis Le Chant du Monstre, revue graphique et littéraire en 2012, fais des commissariats d’exposition (Être humains ? aux promenades photographiques de Vendôme), part sur le terrain avec des auteurs, monte des événements avec OAI13 dont « rien à voir » aux Rencontres d’Arles, afin de questionner la photographie uniquement par le son.

Je créée sun/sun en 2014 afin de poursuivre cette recherche d’hybridation entre texte et l’image en travaillant avec exigence la forme et les matières de chaque ouvrage. À travers la publication de livres photographiques, d’ouvrages et d’objets graphiques, de livres de poésie et de littérature contemporaine, mais aussi de sérigraphies, performances et manifestations artistiques hors les pages, sun/sun déploie un espace où chaque récit trouve sa forme propre.

Depuis 2019, sun/sun développe Casa Palimpseste, une dérive dans la ville à la rencontre des imaginaires de la ville de Casablanca*. Cette enquête éditoriale propose une traversée des imaginaires des casaouis qui nous ont confié leurs récits et sera restituée** sous la forme d’une chambre d’échos, une installation faisant office de bureau central d’enquêtes. Ici nous souhaitant impliquer le corps pour arpenter les imaginaires.

En 2020, sun/sun développe les collaborations en France et à l’étranger avec la sortie prochaine de SUBMIT de Stéphane Charpentier et Gaël Bonnefon, coédité avec David Fourré de Lamaindonne puis Hypothetical Death of the Exarchian Alpha avec Dolce éditeur grec et Typical, designer graphique à Athènes.

Ces cartes blanches sont l’occasion de partager les réflexions qui traversent ma pratique à la lumière de cette étrange période qui met en exergue la volonté humaine d’aller vers le tout numérique propulsant l’archivage comme but par excellence reléguant l’expérience sensible à l’anecdotique.

* avec le soutien de l’Atelier de l’Observatoire, de l’Institut français et d’Occitanie Livre et lecture.
** sous réserve des mesures sanitaires…

https://sunsun.fr/

Portrait chinois de Céline Pévrier

Si j’étais une œuvre d’art : une peinture rupestre
Si j’étais un musée : Le musée de la chasse et de la nature où les animaux chimériques ont une place aussi importante que les autres
Si j’étais un artiste (tous domaines confondus) : je n’ai pas de dieu
Si j’étais un livre : celui qui n’existe pas encore
Si j’étais un film : The Pillow Book de Peter Greenaway
Si j’étais un morceau de musique : tout dépend du jour et de l’heure
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : une fenêtre
Si j’étais une citation : « Les monstres ne sont que des variations à un degré plus ou moins grand des normes usuelles ». John Steinbeck
Si j’étais un sentiment : ils ne sont jamais nets. L’euphorie mélangée à la colère. Ou bien la mélancolie laissant place à l’inspiration
Si j’étais un objet :  une bougie ou un feutre noir
Si j’étais une expo : l’exposition d’ouverture de la fondation Lambert en 2001 à Avignon. Le sas de contamination de Thomas Hirshorn côtoyait les photographies d’Andrès Serrano. Depuis, je n’ai jamais oublié qu’une exposition doit avant tout nous proposer une expérience physique
Si j’étais un lieu d’inspiration : en haut de la montagne, face à la mer
Si j’étais un breuvage : du raki
Si j’étais un héros: on sait qu’on est tous des superhéros banals
Si j’étais un vêtement : je serai autour du cou

Retrouvez les cartes blanches de notre invitée

Carte blanche à Céline Pévrier : TELEPOETICS par Patricia Morosan et Bianca Oana – La télépathie en temps d’éloignement (le mardi 23 juin 2020)
Carte blanche à Céline Pévrier : SUBMIT ou de la coédition – dialogue avec David Fourré – éditions lamaindonne (le mercredi 24 juin 2020)
Carte blanche à Céline Pévrier : Autopsie d’un non-temps – sun/sun x Typical (le jeudi 25 juin 2020)
Carte blanche à Céline Pévrier : Tentative d’archivage des écrans d’un entre-temps – dialogue avec la revue Entre-temps (le vendredi 26 juin 2020)