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C’était une première pour moi, je n’avais encore jamais visité le Pavillon Populaire de Montpellier, et on peut dire qu’il est à la hauteur de sa réputation. Depuis 7 ans, Gilles Mora y occupe le poste de directeur artistique et à raison de 3 fois par an, le Pavillon Populaire accueille des expositions d’exception. Cette nouvelle saison est placée sous le signe de la photographie américaine, et pour l’inaugurer voici Notes sur l’Asphalte, une exposition inédite des photographies documentaires de six chercheurs américains.

Durant 40 ans, entre 1950 et 1990, six scientifiques (Donald Appleyard, John B. Jackson, Allan Jacobs, Chester Liebs, Richard Longtreth et Daniel Lowental) ont arpenté les routes d’Amérique du nord pour établir un état des lieux, et pour suivre son évolution architecturale, urbaine et rurale. Tous se sont servis de la photographie comme témoin de leur recherche. La majorité, excepté Daniel Lowental, ont utilisé la photographie couleur en diapositive à une époque où le noir et blanc était d’usage en photographie documentaire, ce qui rend ces images d’autant plus étonnantes.

La photographie vernaculaire au cœur du projet curatorial

« L’histoire de la photographie ne se réduit pas uniquement à des grands noms. Avec le travail de ces 6 chercheurs on restitue le maillon manquant d’une époque. » Gilles Mora

En tant que spécialiste de la photographie américaine du XXème siècle, Gilles Mora a tout de suite accueilli avec enthousiasme le projet de Jordi Ballesta et Camille Fallet, lorsqu’ils sont venus le rencontrer il y a deux ans. Le premier est chercheur, le second photographe, tous deux sont les commissaires d’exposition de « Notes sur l’Asphalte« . C’est ainsi, et grâce au soutien de le ville de Montpellier, qu’ils ont pu entamer un énorme travail de recherche et d’exploration d’archives, dont huit semaines passées sur place. Comme ces images documentaires n’ayant pas au départ de but esthétique d’exposition, il leur a fallu établir une réflexion sur la manière et de présenter et de construire l’exposition.

Une scénographie qui respecte le but premier d’archiver et de documenter

« Les premiers à découvrir ces œuvres sont les chercheurs eux-même ! » Gilles Mora

L’exposition est composée de trois parties. La première nous permet de comprendre l’importante phase d’investigation et de recherche qui a permis de réaliser ce projet. Volontairement, on y trouve beaucoup de documents et d’ouvrages pour étayer le propos.

L’espace central est la restitution du voyage à travers l’Amérique, ici seules les photographies sont présentées par séquence thématique. Avec une belle hauteur sous plafond, cet espace est comme une respiration, les photographies placées les unes à côtés des autres, nous emmènent dans un road trip américain. En cheminant face aux images, on a la sensation d’être en mouvement, de regarder le paysage à travers la vitre d’une voiture, et parfois, on s’arrête, comme happé par une image étonnante. Un voyage géographique et temporel.

Dans la dernière partie, on entre en liaison avec les pratiques et les regards de la photographie, et notamment dans les relations qui subsistent avec les auteurs comme Walker Evans, William Christenberry, Thomas Strong ou encore Jeff Wall…

Comme une conclusion, l’expositions’achève par un grand tirage de Lowental en noir et blanc qui représente un panneau en bord de route où est inscrit en lettre capitale « Without vision, the people perish ».

Les deux autres expositions de cette saison 2017 seront consacrées à William Gedeney et Ralph Gibson avec Trilogy.

EXPOSITION
Notes sur l’Asphalte, une Amérique mobile et précaire, 1950-1990
Du 8 février au 16 avril 2017
Commissariat : Jordi Ballesta et Camille Fallet
Directeur Artistique : Gilles Mora
Pavillon Populaire
121 Allée de Jerusalem
34000, Montpellier

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