Temps de lecture : 1 minute et 34 secondes

Direction la nouvelle Aquitaine et plus précisément Bordeaux pour découvrir la travail de Vincent Bengold sur l’Aubrac. L’exposition « Blanche Aubrac » vient d’ouvrir ses portes à la galerie Arrêt sur L’Image et rassemble une cinquantaine de tirages couleur de paysage réalisé sur le plateau volcanique et granitique français dans le Massif central.

« On ne rencontre pas l’Aubrac par hasard.

Les routes que nous empruntons habituellement ne nous mènent pas jusqu’ici. Il faut faire un détour.
Ce paysage n’est pas un décor, une composition, une fiction. Il est un sentiment soudé par le réel, une chose vue et vécue, un lien indéfectible entre soi et l’environnement. Il ne peut laisser indifférent celui qui l’accueille en lui, sollicitant à coup sûr sa rêverie.

L’Aubrac se déploie dans un dépouillement lunaire balayé par les vents, sublimé par le regard. Au coeur des régions volcaniques du Massif Central, ce vaste espace étendu sur trois départements (Aveyron, Cantal et Lozère) et deux régions (Auvergne et Midi-Pyrénées) ne se laisse pas enfermer par nos bizarreries administratives. Il forme une espèce de bout-du-monde dénudé et suspendu, une haute terre à la chevelure rebelle qui appelle au renoncement. Lorsqu’on s’élève vers le calme lointain de ces montagnes, au bout du chemin, l’altitude se mue en élévation spirituelle. La terre, renforcée par le ciel, offre une sensation à la fois d’espace infini et de retour sur soi, comme si l’ampleur déployée devant soi provoquait irrésistiblement l’isolement, le ressourcement.

 

Dans cette lumière blanche du plateau, il y a comme un parfum de fin du monde, loin de tout. Comme si l’on avait touché du bout des doigts à l’universalité intemporelle ; expérience dont l’attraction impérieuse, le charme irrépressible nous envoute encore et encore à chaque passage.

Tels des traits d’union entre la terre et le ciel, les blocs de basaltes semblent en prière, en attente, les pieds plantés au sol, la tête ailleurs, de nulle part, simplement posée dans l’herbe folle. Ils nous invitent à penser avec notre corps, à être à l’écoute de ses mouvements, à se souvenir de sa disposition à vivre l’instant. En suivant du regard ces blocs de lave parsemés, telle une ponctuation cosmique, on peut être partout à la fois. Alors, une impression de liberté absolue s’impose à soi, une sorte d’invitation permanente à l’étonnement. »

Extrait du texte d’Alain Bouldoires

EXPOSITION
Blanche Aubrac
Vincent Bengold
Du 9 février au 18 mars 2017
Arrêt sur L’Image Galerie
45 Cours du Médoc
33300 Bordeaux
Ouvert du mardi au samedi de 14h30 à 18h30 et sur rendez-vous
nlf@arretsurlimage.com
+33 535 401 105
http://www.arretsurlimage.com

Leave A Comment

Your email address will not be published.

Captcha loading...

X
X