« Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire 2 jours ago
« Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire 2 jours ago
Rencontre avec Danaé Panchaud, Centre de la photographie, Genève, santé mentale et enjeux de monstration des images 9 mars 2026
Masterclass Oeildeep : Voir venir la barbe bleue, un conte psychologique par Emmanuelle Corne 13 mars 2026
Entretien avec Fabienne Grasser-Fulchéri, directrice de l’eac : « Interroger la capacité de la collection Albers-Honegger à écrire de nouveaux récits » 2 jours ago
La donation Lemaître au macLYON « Regards sensibles » : rencontre avec un couple passionné et au cœur de l’image en mouvement ! 3 jours ago
Partager Partager Il n’y presque rien sur la couverture toilée beige : quelques étincelles embossées, à peine dorées. Le livre s’ouvre sur la première partie du titre On nous a dit qu’il n’y avait rien. Puis à la page suivante, une photographie : un champs de blé comme agité de vagues sous le vent, un horizon, un ciel pur parsemé de petits nuages joufflus. Ensuite, la seconde partie du titre : et nous sommes allés le chercher. Un titre énigmatique et un peu drôle aussi, qui ouvre un seuil immense de gageures ou de rêveries, où transparaît un goût pour l’impossible, la savouration de l’échec, le lâcher prise et la reddition au doute. © Israel Ariño © Israel Ariño On peut déjà présager qu’il n’y aura pas complètement de réponses, vérités absolues, certitudes, affirmations imbéciles. Cette phrase belle comme une citation de Mark Twain, rappelle les quêtes des antihéros à la beauté désarmante, Don Quichotte, Mangeclous, Nils Strindberg. Le papier crème d’une grande finesse laisse transparaître les images à mesure qu’on feuillette le livre. Il insuffle une grande légèreté à l’ouvrage qui s’ouvre parfois sur deux pages blanches. Rien (allons donc le chercher avec lui). La séquence nous mène de caisses vides en objets possiblement roulants mais immobiles (ballon, rondin de bois, foule de potirons). Certaines photographies confinent à l’absurde, comme ces pattes de canard amputées trônant sur un socle sur un rebord de fenêtre. De bâtiments vides en murs aveugles, quelques vivants apparaissent, une poule sur un mur, un flanc de cheval comme une dune sous le vent, quelques oiseaux, et parfois, une femme, un homme, un enfant, le regard perdu ou rêveur, souvent les mains vides et ouvertes, comme tentant de se saisir de ce même vide. © Israel Ariño © Israel Ariño Après les photographies vient une très belle citation de Henry Carnoy, issue des Contes des Picardie : « Au temps où il n’y avait rien, si ce n’est Dieu, le Père éternel, s’ennuyant d’être seul, prit dans les mains deux poignées de rien et, les semant autour de lui, créa les étoiles, la lune, le soleil et tout ce qui existe« . On peut alors considérer sous un nouveau jour la couverture du livre (Que la lumière soit) et la première photographie (Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre). Puis la dernière image, pas grand chose, un ciel habité de quelques nuages, à nouveau joufflus. Un texte subtil et savoureux de l’anthropologue Irma Estrada termine l’ouvrage, elle y raconte le travail mené avec Israel Ariño, dans la région d’Amiens, dans le cadre d’un appel à projet. Elle dit le territoire, les gens qui répètent qu’ici il n’y rien, et l’on comprend à quel point l’ouvrage est aussi une forme d’hommage à cette région et à ses habitants. Il y est notamment question de miettes de pain et d’un photographe avec sa chambre, attendant patiemment face à un mur qu’il fixe sans relâche, qu’un petit nuage cède la place au soleil pour laisser apparaitre une ombre convoitée. © Israel Ariño © Israel Ariño Dans ce livre économe et sans esbroufe, se dessine un monde à travers le rien, un cheminement, des paysages géographiques et sensibles. On retrouve ici le goût d’Israel Ariño pour les déambulations à travers les territoires intermédiaires, son goût de la contemplation des choses les plus banales, sa capacité à y déceler un au-delà des apparences et à ne rien céder aux séductions et aux effets faciles, avec des images qui, à bien y regarder, contiennent toujours bien plus qu’elles ne laissent penser à première vue. Sa poétisation du monde, en somme. Mais quelque chose de nouveau aussi affleure, une épure encore plus grande qu’à l’accoutumée et surtout (même si le photographe a toujours égrainé des formes de visions confinant au surréalisme) un surgissement de l’absurde. On saisit mieux le titre qui traduit parfaitement ce qui traverse cette série photographique, sur le fil entre la poésie, le doute et le sentiment vague et tendre aussi, du risible et de l’impossible. © Israel Ariño INFOS PRATIQUES On nous a dit qu’il n’y avait rien et nous sommes allés le chercher Israel Ariño Ediciones Anomalas (2022) 24 x 31 cm – 144 pages 35 euros https://israelarino.com/ http://www.edicionesanomalas.com/ Marque-page1
Evénements Nan Goldin expose l’intime en grand format au Grand Palais Avec This Will Not End Well, présentée au Grand Palais, Nan Goldin ne signe pas simplement une exposition : elle compose une ...
L'Edition À rebours. Les Européens d’Henri Cartier-Bresson. Une exposition, un livre. Publié pour la première fois en 1955, Les Européens revient enfin dans une nouvelle édition proposée par la Fondation Henri Cartier-Bresson, avec ...
Evénements Luc Delahaye. Les récits du réel à Photo Elysée À l’automne dernier, le Jeu de Paume a offert à Luc Delahaye une importante rétrospective, alors que la capitale française n’avait pas ...
« Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire 2 jours ago
« Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire 2 jours ago
Rencontre avec Danaé Panchaud, Centre de la photographie, Genève, santé mentale et enjeux de monstration des images 9 mars 2026
Masterclass Oeildeep : Voir venir la barbe bleue, un conte psychologique par Emmanuelle Corne 13 mars 2026
Entretien avec Fabienne Grasser-Fulchéri, directrice de l’eac : « Interroger la capacité de la collection Albers-Honegger à écrire de nouveaux récits » 2 jours ago
La donation Lemaître au macLYON « Regards sensibles » : rencontre avec un couple passionné et au cœur de l’image en mouvement ! 3 jours ago