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Partager Partager Actu Art ContemporainOtherSide Semaine mélancolique et épuisante, Camille Henrot au Palais de Tokyo ! Marie-Elisabeth De La Fresnaye9 novembre 2017 Semaine éreintante en perspective avec « Days are Dog » la carte blanche de Camille Henrot qui investit l’ensemble du Palais de Tokyo, suivant les traces fantomatiques du très conceptuel Tino Sehgal. « Dimanche je reste chez moi, En un sublime désarroi. Lundi ma tête est envahie De rêves trop lourds pour quitter le lit (…) » Lion d’Argent à la 55ème Biennale de Venise 2013 pour la vidéo Grosse Fatigue qui mettait en scène l’entropie qui préside à l’histoire de l’univers, Camille Henrot dessine le semainier de nos jours sur la grande toile vierge des espaces du Palais. Elle décortique ce système arbitraire de l’intérieur en le renvoyant à sa propre expérience, en en soulignant les effets secondaires sur notre psyché. Sept séquences comme un récit des origines gouverné par les planètes et figures mythologiques. Autant d’allégories rapportées à nos addictions très contemporaines. On commence le cheminement par «Saturday », son dernier film vu avec lunettes 3D derrière un écran où il est question des bruits du monde. Chronos, le dieu gouverne nos destinées, implacable et ces rumeurs enflent dans nos têtes. Nous sommes prêts pour la traversée. « Dimanche » et le merveilleux Portrait de l’artiste en jeune homme, assemblage végétal tiré de sa pratique toute personnelle de l’ikebana. Dilettantisme de rigueur et rituels de compensation. L’on retrouve l’installation « The Pale Fox » revue et corrigée (découverte à Bétonsalon en 2014) où l’harmonie bleutée est perturbée par le désordre de la créativité. « Le lundi » rattaché à la lune, la mélancolie, un entre-deux comme celui dans lequel baignait les romanciers qui travaillaient dans leur lit (Proust, James Joyce). Le studio d’un artiste, ou la chambre qu’elle imagine, rejoint cette dérive intérieure, ces flâneries, ce vagabondage qu’il va bientôt falloir dompter. « Mardi », gouverné par Arès, dieu de la guerre, suggère, à partir du film « Tuesday », les rapports à l’œuvre dans une emprise masochiste à partir d’un grand jiu-jitsu devant les fenêtres et l’enfilade donnant sur le parvis extérieur. « Mercredi », avec Mercure, est le jour du vent, des signaux, à l’instar de la déferlante de sollicitations de nos messageries saturées « Office of Unreplied Emails ». Les journaux, les lettres de l’artiste jonchent le sol, des offres commerciales déguisées, des réponses à des demandes divers..stimuli multiples qui suscitent des émotions vives en nous. On s’identifie facilement à ce parcours du combattant de la paperasserie. La salle suivante avec ces nombreuses cabines téléphoniques toutes customisées par l’artiste nous invite à faire l’expérience de cette communication globalisée et déshumanisée. « Jeudi », tiraillé entre Thor et Jupiter, déploie sa foudre dans l’installation « Cities of Ys », où sont interrogés les fondements de l’autorité patriarcale, tandis que des pièces de monnaie ainsi que le film Grosse Fatigue renvoient à notre tendance à l’accumulation. « Vendredi », pour Vénus et Frigg (déesse de la fertilité dans la mythologie nordique), désigne l’amour, la beauté et son pendant le narcissisme. Ici, Camille Henrot travaille à partir de fleurs dérobées dans le quartier d’Upper East Side new-yorkais fixées sur les pages du catalogue de vente des bijoux de la Princesse Salimah Aga Khan à l’occasion de son divorce. L’artiste nous parle d’impossible réparation face au don. Ambiguïté soulignée par son premier film « Deep Inside », où elle distille un lien entre pornographie et sentiment de vide, d’absence, de chagrin. Autour de cette vaste fresque constituée de nombreuses œuvres inédites, Camille Henrot a décidé d’inviter des artistes internationaux avec lesquels elle partage des affinités et collabore : David Horvitz, Maria Loboda, Nancy Lupo, Samara Scott, Avery Singer et le poète Jacob Bromberg. Cet inventaire, soutenu par de nombreuses références anthropologiques, philosophiques, métaphysiques, ne manque pas de piquant et chacun renvoyé à ses propres névroses peut en avoir un ressenti d’ordre physique et émotionnel. C’est là tout le mérite de cette entreprise totalement inédite ! Poursuivre à la nouvelle Librairie-les Cahiers d’art : la sélection des livres et auteurs de Camille Henrot de Leopoldvon Sacher Masoch « Venus à la fourrure » à Roland Barthes, Deleuze, Virginia Wolf.. Commissaire : Daria de Beauvais Camille Henrot est représentée par les galeries kamel mennour (Paris/Londres), Köning Galerie (Berlin) et Metro Pictures (New York). INFOS PRATIQUES : Days are Dogs, Carte Blanche à Camille Henrot Jusqu’au 7 janvier 2018 Palais de Tokyo 13 Avenue du Président Wilson 75116 Paris http://palaisdetokyo.com Marque-page0
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