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Partager Partager Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invité de la semaine, l’éditeur Pierre Bessard, nous dévoile son futur projet d’édition : Les Dogon de la falaise de Bandiagara : Une cosmologie en 17 poèmes en alexandrins. Ce projet d’ouvrage avec le procédé de risographie, réunira une sélection de ses poèmes associée à ses photographies réalisées a la chambre 4×5 inch grand format chez les Dogon de la falaise de Bandiagara. Il nous dévoile en avant première 6 images et poèmes. Les Dogon de la falaise de Bandiagara © Pierre Bessard Sous l’arche du grand grès où dort l’ombre première, L’homme, grave artisan, a scellé sa demeure ; L’argile, en s’obstinant, devient lente prière, Et le vent, comme un juge, y prononce son heure. Deux lances, traits de loi, fendent l’air immobile ; Leur verticale écrit, sur l’azur, sa rigueur. L’enfance autour s’attarde, attentive et fragile, Comme un doute sacré penché sur la hauteur. La femme, astre d’ocre et de soleil captif, Fait flamboyer le jour sur la cendre des pierres ; Son pas porte un royaume à l’extrême du vif, Et la poussière y rêve en secrètes lumières. Même le chien, furtif, raye un vers sur le sol, Noir et blanc, humble éclair de la phrase terrestre ; Il cherche, entre les cailloux, le perdu, le symbole, Et retrouve le seuil dans le chaos du registre. Ô peuple de la falaise, ô patience sévère, Vous avez, dans le roc, mis l’esprit en travail : La terre est un poème, et la pierre, une lumière, Où la chair se recueille et se connaît sans fail. Les Dogon de la falaise de Bandiagara © Pierre Bessard Sous la peau du soleil la roche tient sa braise, Et le temps, pas à pas, y polit la tendresse. Deux visages, debout dans la lumière épaisse, Portent, comme un secret, la gravité du monde. Leurs yeux ont la saison des silences profonds, Où la joie est un fruit qu’on cueille avec prudence ; Un fil d’argent, léger, danse sur la poitrine, Comme un astre discret sur l’ombre de la vie. L’homme, au front labouré, garde une paix sévère ; Sa bouche sait le goût de la poussière amère. Il s’adosse au destin sans plier sous son poids, Et son cœur, dans la pierre, a trouvé son endroit. La femme, fière et nue aux yeux de la falaise, Offre au jour sa beauté, sans masque et sans malaise ; Elle est l’ancienne source, et la flamme du seuil, Qui nourrit dans la nuit le courage et l’orgueil. Ainsi, dans l’air brûlant, leurs deux âmes s’accordent : L’amour est un rocher que les années abordent ; Et le monde, un instant, suspend son dur effort, Pour écouter leurs noms respirer dans le sort. Les Dogon de la falaise de Bandiagara © Pierre Bessard La terre, en se taisant, sait mieux que nos mémoires ; Elle cache un soleil dans ses nocturnes gloires. Sous le chaume abaissé, l’orgueil perd ses hauteurs, Et l’homme apprend son nom dans l’ombre des senteurs. Ici le signe est roi, mais d’un royaume austère : Il courbe notre esprit comme on plie une prière. Tout ce qui fut violence, et tout ce qui fut don, Revient, transfiguré, dans l’argile et le son. Un pas d’étranger passe, et l’histoire, farouche, Met son sel dans le sang, son fer dans notre bouche ; Pourtant le même ciel, patient et sans témoin, Verse sur la douleur un invisible soin. Deux forces se répondent au secret de la glaise : La nuit qui veut saisir, le jour qui se apaise ; Et l’âme, entre ces pôles, hésite, puis se rend, À l’équilibre ancien que le silence apprend. Ô murs, table sacrée où la poussière pense, Vous faites du malheur une lente clémence ; Car la vie, humble flamme au bord du gouffre étroit, Garde un chant sous la cendre et le porte en sa loi. Les Dogon de la falaise de Bandiagara © Pierre Bessard Dans le désert de grès, vaste mer sans écume, Le minéral, pensif, fume une froide brume ; La terre a le front nu, fendillé, sans appel, Et le soleil la mord d’un silence cruel. Seul, le zébu se tient, brun et blanc, solitaire, Comme un signe vivant sur l’immobile terre ; Sa corne écrit l’orgueil d’un antique sommeil, Et son œil boit l’ardeur, sans plainte, au plein soleil. Il écoute le vent, pauvre prêtre sans temple, Qui psalmodie aux rocs l’invisible exemple ; Sous ses pas, la caillasse a des cris étouffés, Et le jour, lourd, descend en lingots étouffés. Ô bête, sœur du temps, lente et grave victime, Tu portes dans ta peau le destin qui s’abîme ; Ton souffle, obscur encens, monte au ciel délavé, Comme un vœu sans autel, par la soif éprouvé. Et le monde, de pierre, à ton flanc se resserre : On dirait que la vie hésite à quitter la terre ; Mais tu tiens, calme roi d’un royaume sans voix, Et ta solitude est loi, plus pure que nos lois. Les Dogon de la falaise de Bandiagara © Pierre Bessard Sous l’argile craquelée, un visage se dresse, Comme un fruit du soleil mûri par la détresse ; Le turban rouge et bleu, flamboyant étendard, Met sur le front du jour sa couronne de hasard. Ses yeux ont la douceur des veilles immémoriales, Où la plainte se fait musique ancestrale ; Sa bouche garde encor, dans un fil de salive, Le sel d’un long travail, la parole qui vive. Au cou, miracle pauvre, un collier de rebuts Change en astres sonores les bouchons disparus ; L’aluminium, captif des bouteilles légères, Devient monnaie d’éclat, constellation fière. Ô beauté, qui fais naître, au cœur même du manque, Un luxe de patience et de ruse qui flanque ! Tu prends ce que le monde oublie, jette, dédaigne, Et tu le fais rayon : ta main le signe et règne. Ainsi l’âme se venge, et triomphe en secret : Elle tire une fleur du plus humble déchet ; Et le sort, qui voulait te réduire à la poussière, Te voit porter le ciel sur un fil de lumière. Les Dogon de la falaise de Bandiagara © Pierre Bessard Sous le chaume tassé, la parole s’assemble, Les vieux, graves, ici, font un seul cœur ensemble. La pierre au mur écoute un verdict austère, Le chaume, lourd de jours, tient leur raison sévère. Un geste suffit : la querelle est sans roi ; Alors la paix s’inscrit dans l’encre de la loi. Le temps, tam-tam sourd, bat sous chaque visage, Et la ride est le livre du voyage. Leur parole est métal, qui pèse le cœur ; Puis silence vient : la parole a sa sœur. Dans la case, l’esprit respire lentement, Et l’accord se construit d’un pas de jugement. L’ancêtre dans le sang maintient la mémoire, Et chacun prête au jour sa nuit, sa gloire. La palabre s’éteint, mais demeure le jour, Et sagesse au seuil garde un long retour. Ici, la toguna met l’orgueil à genoux, Car la tête y s’incline et le verbe est plus doux ; On y tranche sans bruit les nœuds de la colère, Et l’homme y devient paix, sous la paille et la terre. Marque-page1
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