Cette semaine, nous avons le plaisir d’accueillir, dans notre rubrique L’Invité·e, Carole Naggar : poète, écrivaine, historienne de la photographie et autrice de nombreux ouvrages consacrés à la photographie. Avant de partir s’installer à New York à la fin des années 80, elle a cofondé, aux côtés de Claude Nori, les éditions Contrejour, qui ont célébré l’année passée leurs 70 ans. Son champ d’expertise est pluriel, mais c’est grâce à sa rencontre avec Robert Doisneau qu’elle fait de la photographie sa vocation première. Rencontre avec Carole à travers son portrait chinois.

Réveil, Paris, 1955 © André Naggar

Née dans une famille de Juifs égyptiens expulsés durant la révolution nassérienne, j’ai a vécu à Paris jusqu’en 1987 avant de partir pour New York. Soucieuse d’échanges entre l’Europe et les Etats-Unis, je garde des liens très forts avec la culture française et fais de nombreux séjours en Europe. Une rencontre avec Robert Doisneau a décidé de ma vocation. Cofondatrice en 1975 des éditions Contrejour, je publie en 1982 le premier Dictionnaire des photographes, un ouvrage totalement subjectif.
Ma pratique multidisciplinaire inclut des biographies de Werner Bischof, George Rodger et David ‘Chim’ Seymour, deux mémoires (Égypte retour et Récits instantanés), une fiction, Tereska et son photographe et un récit historique, Le Rouge du sable, ainsi que de nombreux textes sur la peinture et la photographie. Mes recueils de poésie récents, dont certains poèmes sont inspirés par la photographie, sont Exils et Obscura. Je pratique depuis 15 ans la calligraphie japonaise.

https://carolenaggar.org/

Le portrait chinois de Carole Naggar :

Si j’étais une œuvre d’art : Une gravure de la série « Les désastres de la guerre » de Goya » qui préfigurent le photojournalisme.
Si j’étais un musée ou une galerie : l’Orangerie des Tuileries.
Si j’étais un·e artiste : : Rainer Maria Rilke.
Si j’étais un livre : « la guerre n’a pas un visage de femme » de Svetlana Alexievitch.
Si j’étais un film : ex-aequo : La double vie de Véronique de Krzystof Kieslowski et Perfect Days de Wim Wenders.
Si j’étais un morceau de musique : la chanson de Nina Simone I’m feeling good. Ex-aequo : les pièces de viole de Marin Marais qui accompagnent le film Tous les matins du monde.

Si j’étais une photo accrochée sur un mur : Cartier-Bresson, Jeune couple endormi dans un train, Roumanie, 1975 (voir en cliquant-ici).
Si j’étais une citation : « Mon enfant, ma sœur
Songe à la douceur
d’aller là-bas vivre ensemble
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble ! »
Invitation au voyage de Baudelaire
Si j’étais un sentiment : l’émerveillement.
Si j’étais un objet : Fude, le pinceau qui trace la calligraphie japonaise avec l’encre Sumi-e.
Si j’étais une expo : Here Far Away de Pentti Sammalhati.
Si j’étais un lieu d’inspiration : le désert.
Si j’étais un breuvage : Expresso très fort et sucré.
Si j’étais un héros ou héroïne : Rosa Parks, qui en 1955 a refusé de céder sa place à un homme blanc dans un autobus à Montgomery, Alabama, contribuant à la naissance du mouvement pour les droits civils.
Si j’étais un vêtement : une djellabah en coton blanc.

CARTES BLANCHES DE NOTRE INVITÉE

Carte blanche à Carole Naggar : Mary’s Book de Robert Frank (mardi 20 janvier 2026)
Carte blanche à Carole Naggar : Seydou Keïta (mercredi 21 janvier 2026)
Carte blanche à Carole Naggar : Le Paris d’Agnès Varda (jeudi 22 janvier 2026)
Carte blanche à Carole Naggar : Denis Bellon (vendredi 23 janvier 2026)

À LIRE
70 ans du Laboratoire Picto : Entretien avec l’historienne et commissaire Carole Naggar
Entretien avec Claude Nori, Contrejour. Éditeur, malgré lui

La Rédaction
9 Lives magazine vous accompagne au quotidien dans le monde de la photographie et de l'Image.

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