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Partager Partager A l’occasion de la 28ème édition de PAD Paris qui réunissait 77 galeries internationales du 8 au 12 avril 2026 au Jardin des Tuileries, retour sur la Gallery Gaïa & Romeo, cofondée par Frédéric Cassin et Antoinette Monnier, sa filleule avec une mise à l’honneur très remarquée de l’âge d’or da la céramique italienne d’après-guerre. Fruit de la passion d’un collectionneur-galeriste à un moment clé de son parcours, guidé par l’envie et la nécessité de la transmission, ce geste affirme plus que jamais la place du medium céramique et sa réinvention permanente à un point de bascule de l’histoire des avant-gardes. Antoinette Monnier nous dévoile la sélection de 27 œuvres emblématiques des plus grands maîtres : Guido Gambone, Nino Caruso, Marcello Fantoni, Salvatore Meli ou Carlo Zauli à partir de procédés scénographiques immersifs très innovants entre œuvres murales, pièces monumentales, raretés formelles et techniques. Des outils contemporains au service d’une vision prospective pour ancrer la céramique dans une vibration résolument actuelle, immédiate et non figée. Elle revient sur ce que représente le PAD, les révélations apportées par Frédéric Cassin au fil de leurs échanges et les fondamentaux qui l’ont guidé pour imaginer le futur de la galerie entre intuition sans compromis, liberté de regard et potentiel du digital. Elle a répondu à mes questions. Antoinette Monnier et Frédéric Cassin © Xavier Defaix, Paris 2026 En quoi les artistes céramistes italiens d’après-guerre sont-ils uniques ? Les céramistes italiens de l’après-guerre se distinguent par une liberté créative forte quitransforme fondamentalement la céramique : d’objet utilitaire, elle devient un médium artistique à part entière, à la croisée de la sculpture, de la peinture et de l’architecture. Portés par un dialogue unique entre tradition et modernité, ils réinventent formes, matières et couleurs avec une intensité rare, sans jamais rompre avec l’héritage méditerranéen. Cette capacité à mêler expérimentation radicale, richesse plastique et identité culturelle forte fait de leur production un moment unique, où la céramique s’impose pleinement comme un langage majeur de la modernité. Nino Caruso, 1928-2017 Plat, 1956Signé Caruso and daté1956. Céramique émaillée bleu et moutarde à surface texturée. Décor en personnage. Diamètre : 40cm. Vous proposez une expérience immersive au visiteur : de quoi s’agit-il exactement ? L’expérience immersive imaginée par Gallery Gaïa & Romeo s’appuie sur une scénographie pensée comme un véritable outil narratif, bien au-delà d’une simple présentation. Le dispositif invite les visiteurs à plonger dans l’univers graphique des œuvres et à en approfondir la lecture lorsqu’ils le souhaitent. Il s’agit de mettre en relation ces céramiques des années 1950–70 dans un langage contemporain. La galerie refuse de les figer comme des traces du passé : elle les active dans le présent, en dialogue direct avec notre époque. Salvatore Meli (1929 – 2011)Sculpture, 1963. Signée Meli, datée 63 et située Roma.Céramique émaillée blanc, jaune, bleu et noir.Hauteur : 92 cm. Longueur : 116 cm. Que représente le PAD pour vous ? Pour Gallery Gaïa & Romeo, le PAD représente avant tout une opportunité de rencontre et de transmission. C’est un cadre international qui permet d’aller à la rencontre de collectionneurs, de décorateurs et d’un public élargi, afin de partager une vision : celle d’une céramique italienne d’après-guerre vibrante, libre et pleinement inscrite dans la modernité. C’est aussi un moment clé pour affirmer la place de ce médium comme un art majeur, en lui donnant une visibilité à la hauteur de son importance et en révélant toute la richesse de ses formes et de ses expressions. Il s’agit de lever le voile sur ces pièces de grands maîtres, de manière inédite. Marcello Fantoni, ‘Sculpture Buffle _Grande Vaso Blue »’, Céramique émaillée bleu cobalt et noir, Signée, 1959, pour Gallery Gaïa&Romeo © Jules et Antoinette Monnier La galerie a participé à Ceramic Art Fair 2025 : quel bilan de cette expérience ? Ça a été une formidable expérience, très satisfaisante pour nous. La rencontre avec le public et la présentation de ces pièces ont été particulièrement enrichissantes, révélant un véritable engouement pour la céramique italienne, notamment à travers ses formes audacieuses et ses couleurs vibrantes. Notre première participation à une foire coïncidait avec la première édition de l’événement parisien dédiée à la céramique ; c’était donc un alignement naturel, et la confirmation d’un véritable tournant pour ce médium, désormais reconnu comme un art majeur. Et tout cela à Paris, ville d’art par excellence – un moment particulièrement fort et annonciateur. Carlo Zauli 1926-2002Panneau mural, 1964Signée Zauli. Céramique émaillée bleue. Décor géométrique.Hauteur : 122,5 cm Diamètre : 42 cm Épaisseur : 12 cm Collectionneur-galeriste Frédéric Cassin est votre parrain : qu’est-ce qu’il vous transmet au quotidien en matière d’art et de vision ? Frédéric me transmet une chose essentielle : une liberté de regard. Une approche instinctive, engagée, affranchie des codes – qui a immédiatement fait écho en moi. Il a structuré mon regard, mais surtout renforcé ma capacité à suivre une intuition sans compromis. À partir de là, j’ai posé une direction claire : inscrire la galerie dans son propre sillage, en investissant les langages contemporains. Le digital et l’intelligence artificielle ne sont pas des outils, mais des territoires aux possibilités infinies, qui transforment la manière dont les œuvres existent, circulent et se racontent. Lorsque Frédéric m’a montré sa collection, l’évidence a été immédiate. J’ai découvert un univers audacieux, coloré, foisonnant, chargé d’histoire, dont j’ai instantanément saisi l’ampleur. Avec elle s’est imposé une mission claire : redonner à ces maîtres de la céramique italienne la place qu’ils méritent. J’ai grandi dans un environnement artistique – entre lui et ma mère, artiste peintre et sculptrice – ce qui a très tôt structuré mon regard. En parallèle, je me suis formée à la programmation, avec la conviction que le digital est un levier d’expression puissant, capable d’ouvrir de nouveaux territoires. Notre relation s’inscrit dans un dialogue constant. Mon parcours, notamment à l’international, m’a appris à ne jamais considérer les cadres comme figés, mais comme des points de départ à déplacer. Frédéric nourrit cette dynamique, soutient des visions audacieuses et maintient une exigence forte. Notre force réside dans cette co-création : un équilibre entre transmission et évolution. INFOS PRATIQUES : PAD Paris 2026 Événement terminé Jardin des Tuileries, Paris www.padesignart.com Marque-page0
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