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Arles 2017 : Les clichés intimistes et secrets de Kate Barry à l’Abbaye de Montmajour

Temps de lecture : 1 minute et 44 secondes

« J’ai photographié tout le temps, des petites choses, des choses que nous avons sous nos pieds, de celles que nous voyons tous les jours, des jours ordinaires. J’ai essayé de regarder les choses comme elles se posaient (..) »
Kate Barry

Fille de Jane Birkin et du compositeur anglais John Barry, Kate photographe avait une personnalité à part dans la tribu familiale et son décès prématuré à l’âge de 46 ans a laissé un immense vide. D’une extrême sensibilité et empathie, fragile et flamboyante, sans doute l’héritage de cette lignée aristocratique maternelle, Kate Barry après avoir créé l’association APTE (Aide et prévention des toxico-dépendances par l’entraide) se lance dans la photographie de mode et de stars. Sa série les Actrices avait été dévoilée au public parisien en 2013 à l’occasion de l’ouverture de la galerie Cinéma d’Anne Dominique Toussaint.

A présent l’exposition du BAL Hors les Murs co-produite avec les Rencontres d’Arles se focalise sur le côté le plus intime de sa démarche artistique.

Sous le titre emprunté à l’écrivaine Flannery O’connor, « The Habbit Of Being » que Kate vénérait au point de partir en voyage sur sa trace dans le sud des Etats Unis, le travail accumulé de 2002 à 2008 parle d’abandon et de silence, de retrait et de faille. Le corpus composé par Diane Dufour et Fannie Escoulen, les commissaires, pour l’abbaye bénédictine de Montmajour (classée patrimoine de l’Unesco) autour d’un « monde-paysage » rassemble 30 planches contact qu’elle avait l’habitude d’évider des images qu’elle préférait, une centaine de tirages d’époque ou plus actuels et un film de 22 minutes monté à partir des rushs réalisés auw Etats-Unis, en Géorgie avec Jean Rolin, été 2007 à « Andalusia ».

Herbes folles, racines rebelles, culs de sac, impasses, murs et façades lézardés, il y a une âme vagabonde dans ces « presque rien »qu’elle traque inlassablement. Et que dire de cette jeune femme en robe rouge dont le visage nous est caché d’allure presque théâtrale et tragique ?

Quant au film Andalusia, Kate se focalise une fois encore sur les sols, les chaussures (en particulier ses bottines) sans jamais capter un visage ou alors à partir d’un reflet.

Au delà d’une grand rigueur formelle qui tend vers l’abstraction ces fragments de paysage agissent comme des natures mortes, questionnant le temps qui passe, et la difficulté d’être au monde.
Assurément l’une des découverte de ces 48 ème Rencontres !

Publication à l’occasion de l’exposition du livre Kate Barry – The Habit of Being , conçu et co-édité par les éditions Xavier Barral et LE BAL.

A ne pas manquer également l’exposition Superfacial d’Audrey Tautou.

INFOS PRATIQUES :
Kate Barry – The Habit of Being
Du 3 juillet au 24 septembre 2017
Abbaye de Montmajour
Route de Fontvieille
13200 Arles
Ouvert tous les jours de 10h à 18h30
(venir en bus avec les lignes 29 et 57)
http://www.abbaye-montmajour.fr
https://www.rencontres-arles.com/fr/expositions
Exposition organisée dans le cadre des Rencontres d’Arles à l’Abbaye de Montmajour (Centre Monuments Nationaux), en collaboration avec l’agence Gallois Montbrun & Fabiani.