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Naturalis Historia, Pauline Julier au Centre Culturel Suisse

Temps de lecture : 1 minute et 48 secondes

A partir du titre d’un ouvrage de Pline l’Ancien, l’artiste suisse Pauline Julier diplômée à la fois de l’Ecole de la photographie d’Arles et de Sciences Po Paris mêle approche documentaire, théories scientifiques et écriture plastique personnelle pour ce projet précédemment exposé au centre artistique et culturel la Ferme Asile de Sion.
Transposé dans les espaces du Centre culturel suisse à Paris il prend une autre dimension.

L’élément déclencheur remonte à un contretemps vécu par Pauline à l’aéroport de Doha quand le volcan islandais l’Eyjafjöll en 2010 avait généré d’importantes perturbations et blocages du trafic aérien mondial. Cette pause forcée l’avait conduit à imaginer les prémices de l’exposition, la même année ayant surgi l’image de la plus ancienne forêt du monde grâce aux fouilles menées par le professeur Wang au nord de la Chine et ses équipes.
Face au vertige ressenti devant ces traces, l’artiste d’aller sur place rencontrer ce paléontologue et tenter de comprendre la représentation de cette trace fossilisée. Mais une fois sur le site les problèmes ont commencé et l’artiste soupçonnée d’espionnage industriel a vite été condamnée à rester dans un hôtel perdu à la frontière du désert de Gobi. Un autre empêchement qui ouvrait de nouvelles réflexions sur les images et croyances liées à la nature à travers les destins de Marie Shelley, Jules Vernes et le miracle napolitain de liquéfaction du sang de San Gennaro.
Des phénomènes inexpliqués qui mettent à mal nos convictions occidentales, comme avec la traduction chinoise du mot paysage qui n’existe pas. On utilise alors les idéogrammes : « montagne-eau » ou « vent-lumière »comme s’y réfère l’auteur François Julien.
Dès lors cette puissance, ce surgissement de la nature que nous cherchons à désigner ressemblerait à l’idée même de l’expérience cinématographique dans son illusion de mouvement.
Comme les volcans que l’on croit pouvoir anticiper et stabiliser ou autres catastrophes naturelles, tel l’ouragan Irma qui suscite autant de polémiques.

Ils sont très présents dans le parcours qui associe une pluralité de mediums :des photographies, des films 16 mm, des sculptures comme la roche et le belvédère.
Comme un continuum de strates à traverser par le spectateur qui est impliqué physiquement dans des états transitoires à travers la scénographie en écho.

La rencontre avec Bruno Latour a aussi été décisive dans le cadre du programme SEAP (Expérimentation en Arts Plastiques) qu’il dirige à Sciences Po. Ses recherches autour de l’Anthropocène (théorie de Gaïa) soit l’impact irrémédiable des actions de l’homme sur l’environnement qu’il résume lors de l’entretien réalisé au musée de la chasse et de la nature qui figure dans le petit journal à la disposition du visiteur.
Une plongée au cœur de la nature même de l’image, du souvenir, de la mémoire.

Autre exposition à découvrir : Le duo franco-suisse Barbezat-Villetard « Like Ripples on a Blank Shore »

INFOS PRATIQUES :
Naturalis Historia
Pauline Julier
Jusqu’au 17 décembre 2017
Centre Culturel Suisse
38 rue des Francs-Bourgeois
75003 Paris
Programmation : Danse, théâtre, musique, littérature, graphisme, architecture…
http://www.ccsparis.com/events