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Les portes de la huitième édition du festival Circulation(s) se sont closes au début du mois, deux mois durant les visiteurs ont pu découvrir les travaux de la jeune photographie européenne. Pour la troisième année consécutive, la manifestation organise le Prix du Public, il récompense le coup de cœur des visiteurs parmi les photographes exposés. Cette année, c’est le photographe français Guillaume Hebert qui remporte le prix avec sa série « Updated Landscape.

Dans le classement, nous retrouvons Judith Helmer et Arthur Crestani en 2ème position ex aequo, Billie Thomassin et Emmanuel Tussore en 3ème et 4ème position.

Updated Landscape

Les tableaux photographiques intitulés Updated Landscape de Guillaume Hebert, proposent une lecture dichotomique de paysage formant des images d’un genre hybride où se mêlent la vision des peintres d’antan et celle d’un photographe contemporain.
Au premier regard, nous hésitons. L’oeil oscille inévitablement entre le premier et l’arrière plan, la photographie et la peinture, avant de se poser sur l’ensemble, et d’y contempler la fusion des deux mediums créant un plausible trompe-l’œil. L’ enchevêtrement des deux visuels est réalisé pixel par pixel, sans laisser le moindre interstice. La continuité de la peinture à la photographie est parfaitement maîtrisée pour aboutir sur ce que Guillaume Hebert nome tableau photographique.

Pour l’artiste qu’il est, la photographie n’est que le prolongement de la peinture, et avec Updated Landscape, il nous en fait la démonstration.
Entre parenthèses, à contempler ses créations, nous pouvons deviner une certaine nostalgie de la peinture ancienne. Guillaume Hebert qui avait peint dans sa jeunesse déclare avec une pointe d’ironie qu’il est probablement un peintre raté, et que c’est pour cette raison qu’il s’est tourné vers la photographie.

Dans ses photographies, Guillaume Hebert insère donc des reproductions de peintures de maîtres, et invite indirectement tout regardeur à revisiter la peinture classique. L’amateur éclairé reconnaîtra les oeuvres de Jan Both; Hubert Robert; Philips Koninck; Jean-Honoré Fragonard; Eugène Delacroix; Albert Bierstadt; William Turner pour ne citer que ceux-là. Le simple quidam sera en mesure d’en apprécier leurs beautés partielles et d’y voir une certaine forme d’exotisme, avec toutefois l’option de se reporter au cartel de l’oeuvre mentionnant les références de la peinture utilisée.

Mais le plus important pour Guillaume Hebert est d’interloquer le public. La série soulève des questions esthétiques, sociétales et environnementales à travers la temporalité du paysage que l’homme a façonné au fil des siècles.
Les paysages factices, idylliques ou naturels dans la peinture sont définitivement transformés par l’urbanisation grandissante de nos civilisations, ce qui affecte notre perception. Selon Guillaume Hebert, la série Updated Landscape dépeint poétiquement une tragédie écologique et culturelle.

https://www.festival-circulations.com
http://guillaumehebert.com/Updated-Landscape

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2 Responses to “Guillaume Hebert, primé au Festival Circulation(s) avec Updated Landscape”

  • La photographie contemporaine aurait-elle touché le fond?

    Quand le public du festival circulation(s) prime la série Updated landscape de Guillaume Hebert on pourrait se réjouir tout simplement qu’une photographie nouvelle soit mise en avant. Après tout c’est le rôle d’un festival de la jeune photographie européenne que de nous montrer à voir le travail de ces jeunes photographes issus des meilleures écoles d’art d’Europe. On pourrait se réjouir que la photographie, institutionnalisée en France depuis les années 80, soit reconnue, qu’elle fasse partie de l’art contemporain, qu’elle s’hybride, qu’elle se croise avec différents médium.
    Mais le goût que l’on ressent dans la bouche après avoir vu « Updated landscape » n’est pas celui d’un fruit frais. On aurait plutôt une haleine de poney, celle de fin de soirée. Celle de la défaite et des lendemains que ne chanterons pas.
    Dans « le colonel moutarde dans la bibliothèque avec le chandelier » Eric Troncy nous livre cette phrase, ce constat : « (.) donc tout était propre, convenable, à disposition. Les fonctionnaires étaient en place (.), les institutions bien tenues, les intentions louables et les magazines en couleurs ».
    Voilà qui résume assez bien tout les poncifs de la série « Updated landscape ». Le festival, par ce choix, se voit réduit à confirmer l’art pompier ou l’appel du ventre, au choix. La jeune photographie ne serait-elle pas en fait une vieille putain rompue aux règles du marché?
    On imagine for bien les photographies de Guillaume Hebert, ce peintre raté, comme il aime à se décrire, sur les murs des salons bourgeois, faisant l’objet des spéculations du marché, questionnant la problématique des « curators », on image bien cette série tourner en rond, sur elle-même, n’existant que pour exister, tout étant propre, convenable à disposition, prêt à être emballé pour le prochain festival. Pour décrire son travail interchangeable, on pourrait faire ce petit jeu à l’usage du milieu :

    Il en résulte une tension nouvelle entre le statut
    On perçoit alors une vanité chimérique à travers le paysage
    On peut alors imaginer une expérience principale dans le point de fuite
    Nous en retenons une composition première suivant le langage
    Nous sommes face à une existence possible sur le phénomène
    Nous en retiendrons une opération quotidienne malgré le territoire
    L’artiste définit une illusion perpétuelle selon le plan
    L’artiste pense donc une spécificité formelle par le patrimoine
    L’artiste transcende une mémoire fragile déplaçant le système
    L’artiste exprime une mémoire transgressive fragmentant le corps
    L’artiste transgresse une pratique incessante caractérisant le lieu
    L’artiste dilate alors une utilisation étrange détruisant le médium
    L’artiste trace ainsi une mise en jeu architecturale réveillant le déplacement
    L’artiste imagine alors une limite multiple mettant en cause le résidu
    L’artiste évoque une typologie singulière ouvrant le matériau

    Mais il faut se farcir le texte :
    « Pour l’artiste qu’il est, la photographie n’est que le prolongement de la peinture », c’est commencer par nié la critique du modèle formel et du modèle théorique que la photographie introduit dès 1839.
    « L’amateur éclairé reconnaîtra les oeuvres de » « Le simple quidam sera en mesure d’en apprécier leurs beautés partielles et d’y voir une certaine forme d’exotisme, avec toutefois l’option de se reporter au cartel de l’oeuvre mentionnant les références de la peinture utilisée ». Quelle suffisance, quelle médiocre prétention peut habiter le cerveau de celui qui écrit cela? Quelle réflexion sur la réception des oeuvres cela engage-t-il? Pour quelle vision du monde? Celle d’un art pour les élites? retour au salon bourgeois sans passer par la case départ.
    Mais poursuivons jusqu’à l’écoeurement :
    « Selon Guillaume Hebert, la série Updated Landscape dépeint poétiquement une tragédie écologique et culturelle »
    Non content de nous considérés comme des quidam idiots, la série Updated Landscape nous infantilise avec une leçon de morale digne d’un curé du XIXe. Nous ne connaissons rien à la vraie beauté de la nature, mais en plus nous la saccageons. Si Guillaume Hebert avait lu deux-trois chose de JB Jackson sur le paysage vernaculaire plutôt que de s’intéresser au marché de l’art, il pourrait parler du paysage et de la relation que les habitants entretiennent avec leur territoire, comment ils l’habitent, le traversent, comment ils le façonnent et quelles ambiguïtés cela comporte.
    Dans « Pour un nouvel art politique – de l’art contemporain au documentaire » Dominique Baqué nous rappelle que Kant disait de l’oeuvre d’art qu’elle « donne à penser ». La série Updated landscape nous donne à penser qu’elle n’existe que pour un milieu satisfait de lui-même.
    Hervé Dez
    Mardi 29 mai 2018

  • J’aime beaucoup ces photos, je les verrai bien chez moi accrochées,bien quelles soient l’objet d’un montage, ce pourrait être des collages, cela n’a pas d’importance pour moi, seul le résultat compte; Un montage qui répond certes aux dictats primaires du manifeste surréaliste, rapprocher des éléments qui ne se trouvent que dans des réalités différentes.Pas besoin de commentaires abscons dont l’art contemporain abuse et qui se veulent élitistes, et ségrégasionistes , Art Press , lunettes rouges en sont remplis.
    On voit que le photographe aime la peinture et la photo cela a tout pour me plaire.

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