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Ouverture de la 49ème édition des Rencontres d’Arles, renversante ?

Temps de lecture : 3 minutes et 56 secondes

Avec une programmation élargie à 30 expositions, les Rencontres d’Arles se positionnent comme un laboratoire des écritures et enjeux actuels de la photographie mais à y regarder de plus près qu’en est-il vraiment de la place de l’émergence et de la découverte ?

N’assistons pas comme beaucoup ailleurs, à une certaine forme de standardisation et ce dès l’affiche dédiée à William Wegman (certains regretteront les fruits et autres accessoires piquants de ces dernières années !), avec la force de frappe de grandes fondations dont Luma, et des marques de plus en plus présentes ? Rien de mieux que de se déplacer pour tenter de répondre à cette problématique.

Rayonnement dans le sud, Grand Arles Express, collaboration avec Marseille intensifiée (Mucem, Frac, MP2018), rayonnement national avec le prochain Institut pour la photographie dans les Hauts de France et international avec le Jimei x Arles International Photography Festival et déclinaisons des Rencontres à Londres, Anvers et Barcelone.
Sam Stourdzé titre « retour vers le futur » pour qualifier la programmation artistique tournée à la fois vers le passé et les commémorations (mai 68, les Américains de Franck, le dernier voyage de Kennedy) et la projection vers de nouveaux territoires réels ou fantasmés (intelligence artificielle, le transhumanisme, communauté utopique d’Auroville…) Il parle d’une expérience spatio-temporelle sidérante.
Coups de coeur et feuille de route : sélection dans chaque catégorie
AMERICA GREAT AGAIN :
Laura Henno et « Redemption » plongée la cité perdue de Slab City au cœur du désert de Californie. (avec le Grand Arles Express Frac Paca)
COURS CAMARADE, LE VIEUX MONDE EST DERRIERE TOI (on dirait un slogan Macron !) :
The Train, le dernier voyage de Robert F. Kennedy Le 8 juin 1968, trois jours après l’assassinat de Robert F. Kennedy, son corps était transporté dans un train funéraire de New York à Washington. Prises depuis le train funéraire, les images de Paul Fusco capturent des personnes endeuillées alignées le long des rails.
Le Projet Auroville par Christoph Draeger & Heidrun Holzfeind
Qu’en est-il de l’utopie de départ ? Installation immersive rassemblant des vidéos, des photographies, des sculptures, des objets, des plantes (ayant poussé à partir de graines ramenées d’Auroville), que les artistes ont découverts au cours de leurs recherches dans les archives ou au cours des entretiens avec des habitants.
HUMANITE AUGMENTEE :
The Hobbyist ou comment la culture du passe-temps émerge avec les bouleversements d’internet et du DIY.
LE MONDE TEL QU’IL VA :
Yingguang Guo, « la joie de la conformité » installation qui mêle photographie, documentaire et vidéo
autour des mariages arrangés qui perdurent en Chine.
LES PLATEFORMES DU VISIBLE :
Gregor Sailer, le Village Potemkine
Le phénomène des villages Potemkine modernes : des centres d’exercice militaire aux États-Unis et en Europe aux répliques de villes européennes en Chine, en passant par des pistes d’essais de véhicules en Suède ou encore des rues entières mises en scène pour la visite de personnalités politiques.
FIGURES DE STYLE :
Ann Ray
Les Inachevés, Lee McQueen
Une amitié de 13 ans entre la photographe et le directeur artistique de Givenchy. Instantanés back stage et confidences.
EMERGENCE (on y arrive !) :
Le nouveau prix découverte avec la fondation Louis Roederer
Dix projets sélectionnés sont exposés pendant la semaine d’ouverture et un jury décernera le Nouveau Prix Découverte qui récompense un artiste et sa galerie à travers une acquisition d’un montant de 15 000 euros, tandis que le public désignera son lauréat à travers une acquisition d’un montant de 5 000 euros.
On remarque dans les nominés :
THOMAS HAUSER / UN-SPACED, Paris, France « The Wake of Dust »
PAULIEN OLTHETEN / Galerie Les Filles du Calvaire, Paris, France
CHANDAN GOMES / Photoink, New Delhi, Inde
ANTON ROLAND LAUB / Kehrer Galerie, Berlin, Allemagne
VR ARLES FESTIVAL : première collaboration avec le Palais de Tokyo
Julien Creuzet teste cette nouvelle technique avec l’œuvre « Maïs chaud Malboro » autour de la culture du maïs comme métaphore de la mondialisation.
LES INVITES :
Carte blanche au Palais de Tokyo et à l’Opéra National de Paris
Pia Rondé & Fabien Saleil dans un nouveau lieu, chapelle du XIIème siècle (hors les murs du Palais de Tokyo) un travail aux croisements de différents champs tels que le dessin, la gravure, la sculpture, l’installation.
La 3ème scène est une plateforme numérique invitant des artistes de tous horizons à s’exprimer dans des genres différents : fictions, documentaires, animations, performances. Multiplier les passerelles artistiques en réalisant une œuvre en lien avec l’univers lyrique et chorégraphique.
PROGRAMME ASSOCIE :
LËT’Z Arles (Luxembourg)
avec « Bad News » de Pasha Rafiy et « On the Other End » de Laurianne Bixhain. approche expérimentale dans le décor de la Chapelle de la Charité.
Prune NOURRY Association du Mejan et Actes Sud
« La destruction n’est pas un fin en soi »
La jeune artiste présente une série de sculptures et photographies et son Bouddha monumental créé pour le musée Guimet l’année dernière.
La collection d’Antoine de Galbert 100 portraits
Une sélection de photographies mais aussi de dessins, peintures, sculptures ou vidéos. L’occasion de revivre quelques grands moments de sa fondation parisienne.
Véronique Ellena au musée Réattu
Invitée la première fois par Christian Lacroix, elle revient avec ses recherches récentes « les clairs-obscurs » et d’autres séries emblématiques de son parcours.
GRAND ARLES EXPRESS :
Nîmes
Retrouvez notre interview avec Jean-Marc Prévost directeur du Carré d’art de Nîmes autour du projet Wolfgang Tillmans et Candida Höffer.
Marseille
De même avec Pascal Neveux, directeur du FRAC PACA autour de Laura Henno et Bruno Serralongue
à noter la première participation du MUCEM avec « Manger à l’œil » sur l’évolution des pratiques de photographie en matière de gastronomie.
Bonne semaine d’ouverture !
Profitez de la « plage électriques », autres guinguettes et nombreux lieux satellites, embrassez-vous au studio éphémère de Philippe Praliaud, grimpez jusqu’à
l’abbaye de Montmajour, il y en a pour tous les goûts à Arles ! On peut encore fuguer..
(Je ne cite pas volontairement le coffre fort Luma avec Gilbert & George notamment, tant que je n’ai pas testé l’accueil sur place !)
INFOS PRATIQUES :
Du 2 juillet au 23 septembre 2018
Forfait toutes expositions : Tarif plein ONLINE : 35 €
(via billetterie en ligne)
SUR PLACE : 42€
Consulter l’Agenda de la semaine d’ouverture du 2 au 8 juillet
Signalons les Talks Pro Helvetia au Nonante-neuf
Le 3 juillet Formats digitaux, espaces étendus pour la photographie contemporaine avec :
Delphine Bedel, Cristina de Middel, Anne Golaz et Salvatore Vitale, mené par Danaé Panchaud.
Le 5 juillet Les Filles de la photo avec :
Florence Moll, agent et co-fondatrice des Filles de la Photo, Caroline Stein, responsable mécénat banque Neuflize OBC,Taous Dahmani, doctorante en Histoire de la Photographie et Audrey Bazin, directrice de la Galerie Particulière.
Le 4 juillet Conférence au VR Arles Festival
les artistes et la fabrique du virtuel
Catalogue des Rencontres à 47 € en vente sur place ou en ligne.