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Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invitée de la semaine, Elisabeth Hébert, nous dévoile le prochain titre qui viendra compléter le catalogue de sa maison d’édition Photopaper. Bien qu’il n’ait pas encore de nom, ni de forme, ce livre sera consacré au travail de Gaël Bonnefon. Voici quelques images en exclusivité.

L’avant-livre est un moment privilégié. L’image est là, sur la table. La série n’est pas ordonnée, on est dans cet instant suspendu où tout est encore possible. On peut flâner d’une image à l’autre, les ranger devant soi, dans un sens ou dans un autre, s’attarder sur les détails, divaguer avec flegme, tenter de comprendre… C’est comme les heures qui précèdent un rendez-vous important, mais qu’on ne souhaite pas avancer pour faire durer l’instant, se dire que rien n’existe tout à fait même si la matière est là, à portée de main, et que c’est imminent.
On a de nombreux coups de gueule à pousser mais on a moins souvent de coups de cœur. Bien que je n’aime pas beaucoup cette expression – je préfère parler de trouble, d’émoi, de « touché à vif » – le travail de Gaël Bonnefon en est un. Cette série va devenir un livre qui mêle à ses photographies celles réalisées par les enfants lors de leurs rencontres. La photographie de Gaël est tragique, prise dans une tension permanente. On se situe, dans le même instant, avant, pendant et après l’accident… plongé dans des visions silencieuses de cours d’écoles, d’un monde au travers le regard des enfants.
Ce projet ne porte pas encore de nom. Il n’a pas encore de forme. Nous cherchons avec patience et profitons de ces prémices.

À paraître fin 2019 / début 2020, éditions Photopaper
Projet photographique réalisé dans le cadre d’une résidence de territoire
(Communauté de communes, ADECC, Le Bus – espace culturel mobile)

https://www.photopaper.fr/
http://www.gaelbonnefon.org

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