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Pour leur première carte blanche, nos deux invités de la semaine, Jean-Jacques Farré et Gilles Courtinat du magazine digital « Tous les jours curieux » reviennent sur le confinement de cette crise sanitaire qu’ils ont couvert au travers de différents travaux photographiques. Ils nous annoncent également la sortie prochaine d’une version papier de TLJC !

Dès le début du confinement, nous nous sommes mobilisés pour répondre au besoin d’information et de distraction dont allaient avoir besoin nos lecteurs. Très logiquement, les gens étant reclus chez eux devant leurs ordinateurs, nos scores d’audience ont grimpés en flèche. L’accélération a démarré mi-mars avec la publication d’un sujet sur la grippe espagnole de 1918 qui, répondant sur le moment à une forte attente, a touché à ce jour plus de 520 000 personnes et généré un flot continue de commentaires. Bien que dans une moindre mesure, les publications suivantes ont aussi rencontré un franc succès.

Nous nous sommes tout d’abord intéressés à la manière dont les photographes allaient pouvoir surmonter les contraintes du confinement pour continuer à travailler et à créer. Le premier publié a été Corentin Fohlen, toujours très créatif et ingénieux, qui avait entamé une série d’autoportraits malicieux, chronique de son involontaire réclusion. Cherchant à balayer différentes approches, nous avons ensuite sollicité Lucas Barioulet qui poursuivait, avec toujours autant de talent et de maturité malgré son jeune âge, son travail de photojournaliste, Téo Jaffre parce qu’il n’y a pas que Paris dans la vie, Blaise Arnold qui inventait chez lui une belle histoire d’évasion hyper-réaliste fortement teintée « old school », Constance Decorde qui se penchait sur l’intime et Eric Tabuchi et Nelly Monnier qui ont mis leurs silhouettes à disposition des internautes en leur demandant de les faire voyager en les insérant dans leurs propres images. Il était aussi important pour nous de sortir du cadre hexagonal et d’élargir le questionnement à des photographes comme Johann Rousselot en Inde, Mohammad Rakibul Hasan au Bangladesh et l’Iranienne Negar Agha Ali Tari pour qu’elle et ils puissent témoigner de la situation dans leurs pays.

Nous avons sollicité nos lecteurs photographes pour qu’ils nous fassent part des difficultés qu’ils rencontraient et ce qu’ils pensaient de leur avenir professionnel. Sans surprise, l’immense majorité s’est dit impacté fortement et l’inquiétude domine d’autant que nombreux étaient déjà celles et ceux sous tension avant la crise. Les récentes annonces concernant la culture et l’aide aux auteurs ne les auront certainement pas tout à fait rassurés.

Il est évident qu’il y aura de sérieuses répercutions dans le secteur de la photographie professionnelle et nous y resterons attentifs. Mais quoi qu’il se passe, il y aura toujours des femmes et des hommes qui continueront de photographier avec passion pour nous montrer de belles images, raconter de formidables histoires et nous serons à leurs côtés pour leur donner la parole et partager leurs créations.
Enfin, et bien que le projet ait été sérieusement bousculé par les événements, nous préparons la sortie d’une revue papier, car nous croyons qu’il y a encore un avenir dans ce domaine et c’est très enthousiasmant.

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