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Partager Partager Nous publions aujourd’hui, le second volet d’expérimentations photographiques argentiques de Jacques Revon, photographe, journaliste d’investigation et grand reporter français. Le mois dernier, il partageait avec nous ses recherches après avoir découvert dans ses archives familiales, une très ancienne boîte de quelques plaques photographiques en verre, vierges de format 9×12 fabriquées par l’ancienne et célèbre société Lumière à Lyon. Il a également retrouvé une boite de plaques en verre photographiques vierges et stéréoscopiques de format 6X13 qui date de plus d’un siècle ! Années 1920, les gorges de la Loire près de Roanne © Jean Dugoujard / Collection Jacques Revon Après ma découverte des fameuses plaques en verre vierges « Etiquette bleue » j’ai cette fois, retrouvé il y a quelques mois, une boite de plaques en verre photographiques vierges et stéréoscopiques de format 6X13 de la Ste Lumière, fabriquées elles aussi il y a plus d’un siècle. Cette boite d’origine était toujours bien fermée. Boîte de plaques de verre stéréoscopique Lumière Format 9x13cm © Jacques Revon J’ai donc pour la seconde fois renouvelé ma première expérience, celle d’exposer pour l’histoire argentique, ces quelques plaques, cette fois avec un vieil appareil stéréo « monobloc » de fabrication Ch. Broutin Paris. Appareil Monobloc © Jacques Revon Appareil Monobloc © Jacques Revon Cet appareil avait appartenu il y a plus de cent ans, en 1915, à mon grand-père maternel qui lui, était aussi un passionné de photographie. Ces plaques vierges très anciennes, encore bien pliées et protégées dans du papier noir, se présentaient collées émulsion contre émulsion et sans repère, il ne fut donc guère facile dans le noir, de placer la partie sensible dans le bons sens sur les supports métalliques disposés ensuite dans le châssis de l’appareil. Pour recharger le châssis en extérieur, il faut absolument un « bag » de rechargement dit: « en plein jour » et là, c’est encore une autre histoire cette fois-ci de passe-passe à l’aveugle! Daix © Jacques Revon Jadis, cet appareil n’était pas conçu pour photographier en pose longue, et la mise au point sur le sujet plutôt approximative. Pour obtenir un résultat sur une plaque, j’ai donc dû ruser pour les exposer correctement. Chaque plaque ayant perdu de sa sensibilité par une très et trop longue conservation. Pour réussir cette expérience et après deux premiers essais, j’ai décidé d’effectuer des déclenchements d’obturateur successifs et superposés à une seconde, (quelle idée!) Pour obtenir au final, 25 secondes de pose, soit 25 fois! © Jacques Revon Je le précise ici, par temps ensoleillé et en espérant ne pas trop bouger au moment d’appuyer sur le petit déclencheur. Après traitement, ces images sont devenues vous le voyez quelque peu surréalistes… Il arrive aussi que l’émulsion très très ancienne fatiguée par la très longue conservation, se décolle au lavage et nous dise adieu! Alors, la seule solution pour sauver l’image, sécher la plaque au plus vite. Cette transformation chimique assez curieuse ici, apparait picturale et nous fait sans doute réfléchir quelque peu sur les photographies prises par nos anciens lors des décennies passées et ce qu’aujourd’hui, ces images peuvent encore nous raconter. Daix, place des maronniers © Jacques Revon Daix, place des maronniers © Jacques Revon On peut aussi constater dans ces photographies stéréoscopiques un certain anachronisme évident, entre le contenu de chacune de ces images et l’époque où la plaque elle, a été fabriquée il y a plus de cent ans, sans oublier la nature de cette émulsion qui résiste encore au temps qui passe. A LIRE Une histoire argentique particulière par Jacques Revon Marque-page2
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