Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invitée de la semaine, la fondatrice et rédactrice en chef du futur média Selkies, Gwénaëlle Fliti, a gardé le meilleur pour la fin. Elle nous présente Selkies et dévoile la couverture du tout premier numéro : une photographie tirée de la série Everything Goes Dark A Little Further Down, du photographe suisse Matthieu Croizier. Elle revient sur l’origine de ce projet un peu fou : lancer un média indépendant, à la croisée de la photographie et de la pop culture, pour décrypter les mutations de nos sociétés.

Une tête coupée tournée vers nous, mais un regard franc bien vivant… La photographie, choisie en couverture du premier numéro de Selkies, est issue de la série Everything Goes Dark A Little Further Down, de l’artiste suisse Matthieu Croizier, qui explore la monstruosité comme anti-norme, en écho à sa propre identité queer. Cette image, forte et énigmatique, introduit parfaitement le thème de cette saison 1 : La figure du monstre comme dans Frankenstein. 

© Selkies

Mais Selkies, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un nouveau média indépendant et engagé qui s’articule autour d’un magazine trimestriel papier faisant dialoguer photographie émergente et pop culture pour explorer les mutations de la société. Et d’un programme d’événements participatifs, vivants et collectifs pour se retrouver et échanger. Sans oublier une newsletter et des réseaux sociaux pensés comme un espace de création à part ainsi qu’un merch cool et conscient en édition limitée.

Pourquoi ce titre ? Selkies fait référence aux créatures marines et métamorphes issues des légendes celtes et nordiques qui, une fois privées de leur peau de phoque par l’être humain, errent sur terre en quête de leur identité. Lorsqu’elles la retrouvent, elles foncent plonger dans l’océan : un acte de libération, de transformation, de résistance. On a pensé que cette figure mythologique incarnait parfaitement notre ambition : créer un espace éditorial pour celles et ceux qui, à travers la photographie ou la fiction, reprennent possession de leur récit, de leur regard et de leur voix, et nous aident ainsi à mieux comprendre les mutations que traverse notre société. 

Car nous vivons une époque où les images inondent nos écrans. Elles façonnent notre perception du monde sans que nous ayons toujours les outils pour les interroger. Selkies naît de cette nécessité : redonner du sens à ce flux et faire de la photographie un phare dans la nuit.

L’origine de ce projet, c’est cette question gribouillée quelque part : « Comment rendre la photographie émergente plus populaire, plus accessible, moins élitiste ? » Tout comme les films et les séries TV, la photographie sonde les bouleversements et les contradictions de notre société. C’est pourquoi, dans chaque grand dossier, Selkies fera le pont entre ces trois médiums pour raconter autrement les transformations de notre époque. Et c’est ce qui fera la singularité de notre ligne éditoriale.

Une manière pour les curieuxses comme pour les passionnées de s’intéresser à la photographie émergente, ou plus largement, à l’image fixe et filmée. Et également un terrain d’exploration, d’inspiration et de dialogue entre disciplines pour les professionnelles de l’image, de la culture ou des médias.

Enquête, reportage, décryptage, contenu original et inspirant… À travers sa revue, Selkies entend aussi incarner une ligne éditoriale engagée : ouverture aux voix minorées et aux territoires sous-représentés, signature d’une charte éthique, usage de l’écriture inclusive, etc.

Le premier numéro sera en précommande dès la fin du mois avec une sortie prévue début juillet, pile pour Les Rencontres d’Arles. Après un an de travail, toute notre équipe a hâte que cet ovni médiatique rencontre enfin son public.

Texte : Gwénaëlle Fliti, fondatrice et rédactrice en chef de Selkies

La Rédaction
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