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Pour sa troisième carte blanche, notre invité Sylvain Besson, directeur des collections du Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône, rend hommage aux métiers d’éditeurs de livres photographiques et aux libraires qui participent activement à la diffusion de la photographie et font découvrir au plus grand nombre les œuvres des auteurs les plus divers. Au sein de son incroyable collection, le musée conserve également un grand nombre de revues et éditions…

Paris de Nuit
Paul Morand, Brassaï
Arts et Métiers Graphiques
1932
Héliogravure

Entre 1816 et 1827, Nicéphore Niépce invente la photographie et la photogravure : viser, fixer et diffuser. Dès l’invention, la photographie est destinée au multiple : une matrice, des centaines de reproductions à l’identique ou non, une visibilité des images par le plus grand nombre possible. The Pencil of Nature (1844-1846) de Henry Fox Talbot est un acte fondateur : l’inventeur du négatif papier fait la promotion de son procédé et des possibilités offertes par le médium avec un ouvrage illustré par la photographie.

Diversion
Jean Moral
1935
héliogravure

Une fois définitivement réglée la question de la reproduction imprimée de la photographie à la fin du 19e siècle, avec la similigravure puis l’héliogravure, la presse illustrée connait un accroissement de titres sans précédent. Femina, Excelsior, Le Miroir, VU, Match, Voilà en France, Berliner Illustrierte Zeitung ou Arbeiter Illustrierte Zeitung en Allemagne, Life aux Etats-Unis, The Tatler au Royaume-Uni sont les exemples les plus fameux de l’entre-deux-guerre. Dans les années 1930, l’édition connait un essor similaire avec la multiplication de livres illustrés par la photographie (tel le Paris de Nuit de Brassaï, Paris, Arts et Métiers graphiques 1932) et les premières monographies consacrées à des auteurs (Man Ray : Photographie 1920-1934, Hartford et Paris, James Thrall Soby & Cahiers d’art, 1934).

VU n°192
Lucien Vogel
18 novembre 1931
héliogravure

L’étude des différents fonds de photographes (justificatifs de publication inclus) conservés au musée Nicéphore Niépce, l’étude des corpus complets de magazines illustrés par la photographie et l’étude de son imposante bibliothèque (laquelle couvre près de 200 ans d’édition de livres de photographie et est renforcée par un partenariat avec le Prix Nadar dès l’origine de celui-ci) montre que quasiment toute la production photographique professionnelle du 20e siècle est destinée à la presse et à l’édition : du Baiser de l’Hôtel de Ville de Robert Doisneau à la Mort d’un soldat Républicain saisi par Robert Capa, de la photographie culinaire à la photographie de mode.

Une histoire de la photographie à travers les collections du musée Nicéphore Niépce
Sylvain Besson, Michel Frizot
Editions Textuel, Paris
2022

Cette carte blanche est pour moi l’occasion de souligner le courage et l’abnégation de tous les éditeurs de livres de photographies d’aujourd’hui soutenus par les libraires, spécialisés ou non, qui poursuivent cette œuvre nécessaire de diffusion de la photographie et font découvrir au plus grand nombre les œuvres des auteurs les plus divers.

Le métier d’éditeur est fragile, celui d’éditeur de livres de photographie l’est plus encore. Mais tous font plus qu’œuvre utile, ils sont indispensables et perpétuent la tradition, ce pourquoi la photographie a été inventée.

La Rédaction
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