Suite à leurs appels à candidatures, clôturés le 12 octobre dernier, le festival Les femmes s’exposent vient de dévoiler les noms des lauréates des bourses de création remises pour la quatrième année consécutive. La première, destinée à financer un sujet documentaire sur le dérèglement climatique est attribuée à Véronique de Viguerie pour son projet « Le Mirage vert », réalisé aux Émirats arabes unis. La seconde, consacrée à la réalisation d’une résidence à Houlgate, a été remportée par Anne-Lou Buzot avec son projet « La théorie de l’horizon incliné ». Les deux travaux seront présentés dans le cadre de la 9e édition du festival consacré aux femmes photographes, en juin prochain.

Véronique de Viguerie, lauréate Bourse Climat
« Le mirage vert » (Émirats arabes unis)

Chine, l’usine du monde © Véronique de Viguerie

Ce projet photographique explore les contradictions climatiques des Émirats arabes unis, territoire désertique où coexistent ambitions écologiques futuristes et dépendance massive aux énergies fossiles. Dans un pays où les températures estivales dépassent les 50°C, la lutte contre le dérèglement climatique se transforme souvent en spectacle : villes “zéro carbone” vitrines, tourisme étiqueté “durable” mais ultra-consommateur, nature artificialisée…
Le projet met en lumière le décalage entre discours vert omniprésent et réalité énergétique : climatisation omniprésente, infrastructures aseptisées, solutions high-tech parfois absurdes (pistes de ski intérieures, plages climatisées…), tandis que l’eau potable provient presque entièrement d’une désalinisation énergivore. En parallèle, il révèle les formes de résilience plus discrètes : pratiques traditionnelles bédouines fondées sur la sobriété, l’adaptation aux cycles naturels, et la création de microclimats dans les oasis.
À mi-chemin entre documentaire et satire visuelle, Le Mirage Vert interroge la fuite en avant technologique, l’illusion de durabilité et la mise en scène écologique. En capturant le contraste entre modernité climatisée et environnement désertique, le projet cherche à faire réfléchir sur nos propres mirages écologiques, bien au-delà des Émirats.

Anne-Lou Buzot, Résidence Houlgate
« La théorie de l’horizon incliné »

Théorie de l’horizon incliné © Anne-Lou Buzot.

La photographie naît au XIXe siècle, et très vite, elle impressionne par sa capacité à reproduire fidèlement la réalité, si bien qu’on lui prête volontiers une valeur de preuve. Or sur les photographies de bords de mer, l’horizon apparaît incliné… Dès lors, une question émerge dans les cercles d’érudits : l’horizon serait-il réellement incliné ? C’est le point de départ d’une histoire incongrue dont seule la photographie a le secret…
Une histoire qu’Anne-Lou Buzot parvient à reconstituer peu à peu, grâce à la découverte de fragments d’archives inédites. Plusieurs sociétés de l’horizon incliné se sont succédées au fil des décennies, et comptaient visiblement parmi leurs membres quelques Houlgatai·se·s, qui de génération en génération ont étudié et documenté l’inclinaison de l’horizon. C’est donc sur leurs traces que la photographe va mener l’enquête durant sa résidence à Houlgate.

https://www.lesfemmessexposent.com/

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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