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Partager Partager Véritable coup d’envoi du printemps du dessin à Paris, la 34ème édition du Salon du dessin qui réunit 39 galeries françaises et internationales (18 enseignes en provenance de 7 pays), dans l’élégant Palais Brogniart au cœur de la capitale, ouvre un nouveau chapitre de sa prestigieuse histoire avec l’arrivée de ses nouveaux présidents : Florence Chibret-Plaussu (galerie La Présidence) et Hervé Aaron (Didier Aaron Incorporated). L’occasion d’aller à la rencontre de Florence Chibret-Plaussu qui œuvre depuis 30 ans au rayonnement de l’art moderne et de la Galerie de la Présidence et nous dévoile sa passion pour cet évènement unique au monde dont elle souhaite favoriser l’ouverture et l’équilibre selon un format intimiste et pointu à l’origine de son succès. Elle revient sur les raisons qui l’ont conduite à prendre cette nouvelle responsabilité, dans le sillage de l’action déterminante de Louis de Bayser que j’ai eu le plaisir d’interviewer à plusieurs reprises. La Galerie de la Présidence qui participe au salon depuis 2006, présentera notamment à cette occasion un exceptionnel ensemble de gouaches de Sonia Delaunay, artiste et créatrice dont elle contribue à la redécouverte, aux côtés de Jongkind, Boudin et Signac. Parmi les nouveautés 2026 du salon, outre le MuMa du Havre comme invité d’honneur, le parcours « Nouveaux Collectionneurs » qui vise, à travers une sélection d’œuvres abordables sur les stands ayant rejoint cette initiative, à démocratiser et faciliter l’accès à un marché en pleine croissance, le secteur des belles feuilles représentant le quart des enchères mondiales à présent. Un axe sur lequel insiste Florence autour de la diversité d’un médium qui ne cesse de surprendre. Dans un contexte mondial extrêmement tendu, nul doute que le Salon du dessin apportera un havre de paix et de raffinement pour des amateurs éclairés ou plus novices. Florence a répondu à mes questions. Florence Chibret-Plaussu, co-présidente Salon du dessin 2026 ©galerielapresidence Marie de la Fresnaye. Quels facteurs ont-ils motivé votre engagement et cette nouvelle présidence ? Florence Chibret-Plaussu. J’ai accepté cette présidence avec la conviction que le Salon du dessin constitue une véritable réussite française dans l’écosystème global de l’art. À mes yeux, c’est un rendez-vous d’exception : un salon de niche, exigeant qu’il convient de défendre et de valoriser au nom de la place de Paris. Lorsqu’une initiative fonctionne et s’impose avec constance, il est essentiel de savoir lui rendre ce qu’elle nous a apporté, même si cela exige du temps et de l’engagement. Mon ambition est d’y insuffler une présence accrue de l’art moderne. Historiquement centré sur le dessin ancien, le salon s’est progressivement ouvert aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, jusqu’à atteindre aujourd’hui un quasi-équilibre : 22 stands dédiés à l’art ancien, 17 à l’art moderne et contemporain. Cette évolution mérite d’être accompagnée et consolidée. Cette volonté d’ouverture se reflète également dans le choix du musée invité chaque année. Après la Fondation Dubuffet il y a deux ans, le MuMa du Havre est à l’honneur cette année, tandis que l’an dernier le salon accueillait le Musée des Beaux-Arts de Reims. Il ne s’agit pas de bouleverser un modèle qui a fait ses preuves, mais d’accompagner sereinement son évolution vers un équilibre plus affirmé avec le XXᵉ siècle. Le Salon du dessin connaît un succès réel ; un acquis précieux qu’il nous appartient désormais de préserver. Raoul DUFY, Vue du Havre à l’arc-en-ciel,1935 Aquarelle sur papier, 57 x 124,3 cm Legs Eugénie Brisson, ép. Dufy, 1963, MuMa MdF. Saluons le travail remarquable accompli par Louis de Bayser lors de sa présidence FChP. En effet, son action a été déterminante dans l’évolution et la consolidation du salon. Pour autant, une telle responsabilité représente un engagement particulièrement exigeant. L’alternance apparaît donc salutaire : elle favorise l’émergence d’idées nouvelles et l’expression d’autres visions. Le passage du monde du dessin ancien vers celui de l’art moderne constituait d’ailleurs l’un des moteurs de mon engagement aux côtés d’Hervé Aaron. Cette transition, amorcée depuis plusieurs années, s’inscrit dans une volonté d’ouverture et d’équilibre, fidèle à l’esprit d’exigence qui fait la réputation du salon. Suzanne Valadon, Femme assise s’appuyant l’épaule, fusain, Galerie de la Présidence, Salon du dessin 2026 ©galerielapresidence MdF. Quels seront les temps forts de cette 34ème édition ? FChP. Cette année, le salon met à l’honneur le MuMa du Havre, Musée d’art moderne André Malraux, dont les collections comptent près d’un millier de dessins au sein d’un ensemble de 4 500 œuvres. L’institution présentera une sélection d’œuvres impressionnistes, avec notamment des pastels de Camille Pissarro, Alfred Sisley et Edgar Degas, ainsi que quelques témoignages de l’Art déco, parmi lesquels des œuvres de Paul Jouve. Parmi les nouveautés figure un parcours intitulé « Nouveaux Collectionneurs ». Cette initiative rassemble des dessins de grande qualité à des prix accessibles : œuvres graphiques de maîtres reconnus mais injustement oubliés ou encore talents prometteurs sur lesquels miser. Un cartel spécifique signalera aux jeunes amateurs ou primo-collectionneurs une sélection d’œuvres proposées entre 3 000 et 8 000 euros. L’objectif est clair : encourager le dialogue entre exposants et jeunes collectionneurs. L’échange est au cœur de l’ADN du salon ; il ne faut pas hésiter à engager la conversation. Dans le même esprit de transparence, l’affichage des prix est encouragé. Sans l’imposer systématiquement, il peut être envisagé, au minimum, pour une œuvre présentée sur chaque stand. Autre initiative relancée cette année : le « stand des dessins anonymes », qui avait rencontré un vif succès par le passé. Principalement consacré aux œuvres anciennes mais ouvert également au moderne et au contemporain, il réunit des dessins non signés ou sans attribution certaine. Un exercice qui passionne les visiteurs, invités à formuler hypothèses et intuitions. À noter également qu’un nombre important de galeries a choisi de proposer des solo shows, un parti pris audacieux et un signal fort. Enfin, le Prix contemporain de la Fondation Guerlain remettra sa 19ᵉ édition, rendez-vous incontournable ayant largement contribué à l’ouverture du salon à la création actuelle. Les artistes nommés pour 2026 sont : Cathryn Boch, Simon Schubertet Renie Spoelstra. Sonia Delaunay, Rythme couleur, 1966, gouache, Galerie de la Présidence, Salon du dessin 2026 ©galerielapresidence MdF. Au niveau de la proposition de la Galerie de la Présidence, quels sont vos parti-pris ? FChP. Nous présenterons nos classiques, à commencer par Eugène Boudin et Paul Signac. Deux pastels de Boudin seront ainsi dévoilés : une approche sensiblement différente de l’image que l’on se fait de l’artiste, d’une modernité saisissante, presque expérimentale, qui ne répondait manifestement pas à une logique commerciale. En regard, une ou deux aquarelles de Signac viendront compléter cet accrochage, témoignant de la liberté et de la vibration lumineuse propres au néo-impressionnisme. Mais le véritable temps fort de notre stand sera consacré à Sonia Delaunay, avec un ensemble exceptionnel de gouaches que nous conservons depuis plusieurs années. Une proposition plus moderne que ce que nous présentons habituellement, placée sous le signe de la couleur et de ses rythmes, au cœur même de la démarche de l’artiste. Peintre, créatrice dans les arts décoratifs, le textile ou encore le costume, Sonia Delaunay incarne une figure d’une rare complétude, n’ayant cessé de se réinventer. Longtemps restée dans l’ombre de son époux, Robert Delaunay, elle bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance renouvelée. Plusieurs expositions majeures ont contribué à cette redécouverte, notamment au Musée d’Art moderne de Paris, à la Tate Modern, au Barbican Centre avec Modern Couples, ainsi qu’au Bard Graduate Center à New York. Un mouvement de fond que l’on ne peut qu’espérer voir se poursuivre. Eugène Boudin, Rivage, pastel Galerie de la Présidence, Salon du dessin 2026 ©galerielapresidence MdF. Quelle sera la fourchette de prix sur le stand ? FChP. Si l’on prend, par exemple, une aquarelle de Johan Barthold Jongkind, nous débuterons autour de 2 500 à 3 000 euros, un positionnement pensé pour les jeunes collectionneurs, tandis que certaines œuvres pourront atteindre 200 000 euros. Il s’agit de grands noms de l’histoire de l’art, mais dont les feuilles demeurent encore accessibles. Des œuvres que l’on peut réellement s’offrir, sans pour autant renoncer à l’exigence et à la qualité. C’est précisément l’un des messages que nous souhaitons transmettre : le dessin constitue une porte d’entrée privilégiée vers la collection. Aux nouveaux amateurs comme aux jeunes collectionneurs, nous voulons rappeler qu’il est possible d’acquérir des signatures majeures à des niveaux de prix encore raisonnables, et de commencer ainsi une collection ambitieuse et éclairée. Stand Galerie de la Présidence, Salon du dessin 2025 © Tanguy de Montesson MdF. Qu’est-ce qui caractérise, selon vous, le collectionneur de dessin ? FChP. Le collectionneur et public du salon se distingue par sa curiosité et son ouverture d’esprit. C’est d’ailleurs l’un des éléments qui m’avait frappé lors de nos premières participations au Salon du dessin. À l’époque, nous étions principalement face à des collectionneurs spécialisés en dessins anciens. Pourtant, loin d’être cantonnés aux XVIIIᵉ ou XIXᵉ siècles, ils se montraient attentifs, posaient les bonnes questions et manifestaient un réel intérêt pour d’autres périodes et d’autres approches. Aujourd’hui, le spectre s’est considérablement élargi. L’évolution est manifeste si l’on songe, par exemple, à la remarquable présentation des collections du Centre Pompidou au Grand Palais. Le dessin s’y révèle comme un champ d’expérimentation d’une richesse infinie : collages, frottages, vidéo, supports inattendus… autant de gestes et de pratiques qui auraient semblé impensables il y a encore dix ans. Cette attention portée à la matérialité sera d’ailleurs au cœur des XIXᵉ Rencontres Scientifiques du Salon du dessin, placées sous le thème : « La matière du dessin : supports, matières, outils, usages et conservation du dessin ». Une réflexion approfondie sur ce médium dans toute sa diversité technique et conceptuelle. Car le dessin n’est en rien un art secondaire. Les statistiques et les résultats du marché le confirment : il a pleinement conquis sa place auprès des collectionneurs. Une véritable révolution de papier ! MdF. À quand remonte votre premier choc esthétique lié au dessin ? FChP. C’est une question difficile, qui me ramène à mes débuts à la galerie, il y a bien longtemps, à l’époque de ce qui s’appelait alors le Salon de Mars. Pour notre première participation, nous présentions notamment un minuscule pastel d’Eugène Boudin : un tout petit nuage, à peine cinq centimètres sur cinq. Un format presque dérisoire, mais d’une grande poésie. Je me souviens très bien de ce moment. Les téléphones portables n’existaient pas encore. J’appelle ma mère, propriétaire de la galerie, et je lui confie, après une nuit blanche : « J’y ai beaucoup réfléchi, je veux acheter ce pastel. » Il était microscopique, mais je le désirais profondément. Sa réponse tombe : « Je suis désolée, je viens de le vendre. » Déception. Je me dis que c’est le jeu. Puis elle précise : « Un monsieur l’a acheté pour l’offrir à sa femme malade. » L’histoire aurait pu s’arrêter là. Un mois plus tard, pourtant, cette dame m’appelle : « Qu’est-ce que c’est que cette horreur que vous avez vendue à mon mari ? Je trouve cela épouvantable. » Je lui réponds aussitôt : « Madame, aucun problème. Venez à la galerie, nous échangerons, vous choisirez ce qui vous plaît. » Je ne dirais pas qu’il s’agit de mon premier choc esthétique, mais c’est le premier dessin que j’ai acheté. Et il demeure, aujourd’hui encore, une source de joie intacte, totalement indépendante de toute considération financière. Ce pastel ne sera plus jamais à vendre… Liste des exposants 2026 : https://salondudessin.com/exposants INFOS PRATIQUES : Salon du dessin 34ème édition Du 25 au 30 mars 2026 Palais Brongniart 16 Pl. de la Bourse 75002 Paris XIXe Rencontres Scientifiques du Salon du dessin Semaine du dessin https://salondudessin.com Marque-page0
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