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Depuis ses débuts, il y a vingt ans, Olivia Gay a porté son attention sur les femmes, véritable fil conducteur de son travail. La photographe présente aujourd’hui pour la première fois une exposition qui rassemble une sélection d’images issues de ces 20 années de carrière où elle met les Femmes au cœur de ses sujets : de Cuba (1997) à la Palestine (2017), l’exposition « Résistantes » est visible à la galerie du Château d’Eau de Toulouse jusqu’au 25 juin.

« Olivia Gay se consacre à la représentation du corps féminin à l’oeuvre dans l’univers quotidien, qu’elle aille à la rencontre de caissières de supermarchés ou de modèles dans l’atelier du peintre. Depuis 2007, elle photographie les ouvrières : dans une usine d’emballage pour l’industrie de luxe (Les ouvrières de l’Aigle), dans l’Atelier national d’Alençon (Les dentellières d’Alençon) et dans les usines de dentelle mécanique à Calais et Caudry (Les dentellières de Calais).

De l’ouvrage domestique peint par Vermeer dans La Dentellière à l’ouvrage collectif photographié par Olivia Gay, une révolution industrielle est passée par là, transformant en profondeur le rôle économique et social des femmes, et du même coup, leur représentation. Wheeleuses, ourdisseuses ou clippeuses sont autant de qualifications techniques aux significations devenues mystérieuses pour le profane, autant d’objets de fierté pour ces femmes du XXIe siècle qui redoutent l’extinction de leur savoir-faire. Elles témoignent de cette division du travail et emportent dans leur sillage une représentation de la femme au travail héritée de Lewis Hine, arpentant l’Amérique fordiste afin de documenter la condition ouvrière. Une représentation de la femme face à la machine débarrassée de toute réification sexuelle.

Mais les machines dans les photographies d’Olivia Gay semblent avoir cessé de vrombir pour laisser place au silence. La mise en lumière, reçue du maître de Delft, des postures, des gestes et des regards anime les corps au travail. Ces portraits mêlent grâce et absence, héroïsme et désarroi, comme s’ils combinaient les figures de Maestà et de Pietà, à la manière des Madones qui peuplent l’histoire occidentale de la représentation féminine. Le mystère de l’icône prend ici le pas sur une représentation sociologique. Une forme d’hommage. » – Nathalie Giraudeau, Directrice du CPIF

INFORMATIONS PRATIQUES
Résistantes
Olivia Gay
Du 4 mai au 25 juin 2017
A voir aussi : Jacques Camborde – «Exister, exister seulement » (Galerie 2)
La galerie du Château d’Eau de Toulouse
1, Place Laganne
31300 Toulouse
http://www.galeriechateaudeau.org
http://www.oliviagay.com

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