943 Views |  Like

Carte Blanche à Maud Leclair : Visages, Villages. La où le festival se met en abime

Temps de lecture : 58 secondes

Maud Leclair est notre invitée de la semaine « spéciale Cannes » (lire son portrait publié lundi 22 mai), à l’occasion de sa carte blanche, aujourd’hui elle a nous parle du documentaire « Visages, Villages » réalisé par Agnès Varda et JR présenté au festival de Cannes.

Un film hors compétition au milieu de l’après midi, les drapeaux claquent sous le soleil cannois, la lumière écrase la croisette et nous rentrons dans le grand théâtre lumière, la salle obscure par excellence.

La rencontre des deux artistes nous livre une ballade à travers la campagne française au gré de leurs inspirations, de leurs jeux, de ce qui pourrait ne relever que de l’anecdote. Au-delà de ce parcours, se profile une réflexion fondamentale sur la place de l’artiste dans notre monde.

Le cœur du film, ce sont les yeux, dans le sens du regard. Que voit l’artiste, que nous donne-t-il à voir, que ressentons-nous de sa création? Une réflexion certes classique mais qui prend un relief particulier avec la personnalité d’Agnès Varda, avec la cécité qui s’installe. La perte de la vue comme une porte vers la mort pour la photographe. Le film prend une autre dimension sur la fin quand ils partent retrouver Jean-Luc Godard, l’invisible. Mais là je dois m’arrêter pour ne pas dévoiler la chute. La salle se rallume, les spectateurs se lèvent et l’émotion remplit l’espace. Les spectateurs applaudissent, applaudissent encore, applaudissent toujours. Agnès pleure, elle entend, et nous la regardons. Nos yeux sur celle qui donne à voir.

Une sensation physique d’émotion.

Une projection unique, de celles qui restent dans les mémoires, au-delà des images.