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Lancé le 30 avril dernier, le premier Concours OEILDEEP récompense trois photographes internationaux. Le jury*, présidé par Jane Evelyn Atwood, s’est réuni la semaine dernière pour délibérer et pour choisir ses trois lauréats. Après vous avoir présenté Andrea Olga Mantovani, le premier prix, voici Safaa Mazirh qui remporte le deuxième Prix.

Safaa Mazirh remporte un Photo Bootcamp OEILDEEP d’une valeur de 1750€. Le troisième et dernier prix a été remis à Samir Tlatli, nous vous donnons rendez-vous lundi pour découvrir son travail.

Amazigh.

Au premier regard, écrit Bernard Millet, le spectateur peut se laisse emporter par l’évidence d’une pratique autobiographique. L’image serait le réceptacle d’un récit, joué par l’artiste elle-même, et enfoui dans son cortège de folies. Ici on retrouve des autoportraits, dans des décors dessinés, des dessins inspirés par les symboles des tatouages et signes berbères amazighs féminins qu’un oeil averti pourra déceler. Mais pas seulement, et pourtant, attardons-nous sur eux.
En dehors de la dimension esthétique et ornementale qu’ils revêtent, ils sont aussi des signes sociaux indiquant un statut, informatifs même, des signes et symboles utilisés par les femmes berbères amazighs pour exprimer un sentiment. Plus tard la religion islamique interdira les tatouages, considérés alors comme des mutilations de « l’oeuvre divine ». Dans le travail de Safaa Mazirh, ces encres à l’échelle démesurée deviennent des décors, des architectures, elle se multiplient et forment des infrastructures où loge son image.
Une image aux contours flous, parfois presque fantomatique, indistincte. Vivre dans une ville, c’est habiter dans des cicatrices (sic Emile Aillaud). Cette sentence trouve un écho dans l’amorce de ce travail : qu’est-ce qu’habiter ? Qu’est-ce qu’être chez-soi ? Le corps, lieu de vie privée, participe au processus de construction de l‘identité d’un soi, un travail symbolique de mise en scène où le dessin édifie des sortes de murs propres à chacun. C’est une confortation de son image forgée, et étayée à travers de multiples expériences. Un procédé qui renvoie, certes, au passé. Néanmoins, les décors réaménagés sans cesse mettent aussi en jeu le travail de construction, de modélisation d’une structure alors toujours en mouvement, donc au présent.
Dans les prémisses de ce travail, Safaa Mazirh dépasse la projection rêvée pour plonger dans la part d’ombre propre à la construction de chaque identité.
– Charlotte Guy

*Le jury était composé de Jane Evelyn Atwood, (photographe et Présidente du jury), Laura Serani (commissaire d’exposition), Ericka Weidmann (Co-fondatrice de 9 lives), Nicolas Havette (commissaire d’exposition), Pascal Therme (photographe et journaliste critique), Stefano De Luigi et Jean-Christian Bourcart (Photographes).

https://www.safaamazirh.com

INFORMATIONS PRATIQUES
Projection des séries lauréates à Arles le vendredi 6 juillet lors de la soirée Oeildeep « Mix & Screen » !
Rendez-vous à partir de 22h
Atelier Gaston de Luppé
19 rue des arènes
13200 Arles
mail : contact@oeildeep.com
tel : +33 (0)6.50.66.27.57
www.oeildeep.com

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