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Quiconque pénètre à la Brafa pour la première fois est saisi de l’atmosphère de « luxe calme et volupté » qui y règne. Un service de voiturier vous conduit de votre parking à l’entrée de Tour & Taxis, un catalogue vous est offert (la Biennale de Paris a encore des progrès à faire !) et une fois franchi le porche on pénètre dans un subtile mélange d’éclectisme européen où les arts décoratifs, le design, l’archéologie, l’art moderne et contemporain dialoguent et se répondent dans des stands dessinés comme de véritables period rooms.

Limitée à 133 participants, dont 16 nouveaux cette année, l’offre n’est pas démultipliée et tout est fait pour que la découverte se fasse comme une déambulation au milieu des signatures malicieuses de Gilbert & George guest of honnour 2019 ! So Shocking..

Une tendance forte pour la peinture se dégage au premier coup d’oeil avec une prédominance pour Vasarely et Hans Hartung (chez Harold t’Kint de Roodenbeke) qui vont tous deux bénéficier d’une importante exposition à Paris, au Centre Pompidou et Musée d’art moderne de la Ville.

Ceux qui osent le grand écart :

La maison belge Castermans ose un rapprochement entre un tatouage de Wim Delvoye, chouchou des collectionneurs d’Art brussels et des primitifs flamands de haut vol (oiseaux exotiques de Jan Van Kessel) ;

Delataille (Bruxelles) avec la céramique maya, une sculpture de George Segal et les masques de carton de Lilian Daubisse se dénote également.

Theatrum Mundi surfe sur l’aventure spatiale avec le 50 ème anniversaire du 1er alunissage humain. Combinaisons spatiales, avec « Hollywood Memorabilia » de films cultes comme Alien, Armageddon, dessin original de Georges Méliès, instruments scientifiques rares (astrolabe du français Jean Fusoris) et objets d’histoire naturelle : météorite martienne, morceau de la lune, reptile volant préhistorique.

Ceux qui recherchent la rareté :

Le parisien Steinitz reconstitue un cabinet de borderies de jais (perles de verre colorées) exécuté vers 1757-1765 au sein de la manufacture d’Ust-Ruditsy, dans la région de Saint-Pétersbourg, par Mikhail Vasilyevich Lomonossov, chimiste, dramaturge, ami de l’Impératrice Elisabeth 1ère.

Le londonien Bowman Sculpture propose un groupe familial de Zadkine de 1930, « la naissance de l’amour » ainsi que des pièces majeures d’Emily Young (Chelsea School of Art, Central Saint Martins London) qui emprunte aux multiples strates géologiques et temporelles de notre époque.

Le belge Didier Claes (participe à Winter Bruneaf, remarqué à la foire contemporaine AKAA) dans une scénographie habile déroule le fil d’une collection privée unique de peignes d’apparat Lele et Chokwe de la République Démocratique du Congo.

Stern Pissarro (Londres) avec un somptueux Paul Delvaux « Le Balcon » et Jamar (Anvers) avec « Petite fille en blanc » de Léon Spilliaert rappellent l’ancrage symboliste belge comme le souligne le directeur de la Chambre Royale des Antiquaires, ROCAD.be, Francis Maere, qui expose à l’occasion du Centenaire quelques florilèges. D’après lui l’art contemporain devenant quasi inaccessible, les amateurs se reportent sur d’autres secteurs comme les arts primitifs.

Les galeries contemporaines, limitées à 10 mais quel souffle !

Guy Pieters a vu les choses en grand faisant défiler Jan Fabre, Marcel Broodthaers (on se souvient de l’excellente exposition aux musées Royaux), Bernar Venet, Arne Quinze,..

La Patinoire Royale dont le directeur Constantin Chariot, se réjouit de cette nouvelle participation, se concentre sur une approche cinétique avec un dialogue inter générationnel entre Carlos Cruz Diez et Gisela Colon ;

Gladstone (New York) revient également avec du lourd : Anish Kapoor, Ugo Rondinone, Elizabeth Peyton, Alberto Boetti.

Rodolphe Janssen ou l’art du cabinet de curiosité contemporain avec les frères roumains Gert & Uwe Tobias, Thomas Lerooy (toile « The two of us combined »qui reprend les Vanités), le sud africain Kendel Geers, Adam McEwen ou le belge Bram Bogart.

Meessen de Clercq tient du génie, avec Benoit Maire en grand qui lance comme un signal, José Maria Sicilla et sa relecture de la tapisserie flamande, Evariste Richer, Claudio Parmigigiani dans la 1ere salle tandis qu’ au revers le cabinet avec les contemporains Nicolas Lamas actuellement exposé dans leur espace de la rue de l’Abbaye, Thu Van Tran aux côtés de Félicien Rops ou Georges Braque.

A noter enfin et c’est une exception, la présence du 9ème Art, partie prenante du panorama belge.

Ne manquez pas la Fondation Roi Baudouin qui présente un fabuleux Van Dyck, l’épée de Rubens, Le siège de la ville et du château de Dinant sur la Meuse en mai 1675 par Vandermeulen et d’autres acquisitions récentes dans un dialogue art moderne et contemporain amorcé avec le Fonds PASF, Private Art Support Foundation.

La Brafa a donc tous les atouts pour talonner de près Paris qui depuis les difficultés rencontrées lors de la 1ère édition annuelle de sa Biennale est en perte de vitesse face à la Tefaf ou la Frieze. Son ADN pluridisciplinaire porté par la rigueur du vetting et de la traçabilité d’une association de marchands sans but lucratif comme le souligne Harold t’Kint de Roodenbeke, actuel président, lui ouvrent les voies vers toujours plus de succès, dans un paysage ultra saturé où les foires se font et se défont à toute vitesse !

INFORMATIONS PRATIQUES
64ème Brafa
Jusqu’au 3 février 2019
Nocturne ce soir, le 31 janvier 2019
Avenue du Port 88
1000 Bruxelles
Belgique
Ticket : 25 €
Buy tickets On line : 21 € jour
Tour & Taxis
https://www.brafa.art/exhibitors-fr
Organiser votre séjour : Visit Brussels
Thalys partenaire de votre voyage.

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