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Partager Partager L'EditionL'Invité·ePhoto Carte blanche à Elisabeth Hébert : Les éditions Photopaper La Rédaction23 avril 2019 Pour sa première carte blanche, notre invitée de la semaine, Elisabeth Hébert, nous parle de Photopaper, la maison d’édition qu’elle a créée il y a quelques années. Ils ne sont pas nombreux qui, comme elle, porte financièrement les projets d’édition, sans demander aux photographes de financer les ouvrages. Aujourd’hui le catalogue de Photopaper se compose de 7 titres et d’une collection intitulée Smallpaper. Il m’aura fallu plusieurs années pour fonder Photopaper. Dans l’univers graphique et l’édition depuis toujours, sauter le pas seule n’a pas été une volonté immédiate, car je ne suis pas dupe et je connais les difficultés d’une telle aventure. Je suis directrice artistique au sein d’une grande maison d’édition depuis plusieurs années et travaille donc déjà de ma passion à temps plein. Quand j’ai co-fondé aux côtés de Lionel Antoni le festival l’Œil Urbain et sa résidence photographique il y a maintenant 8 ans, nous souhaitions proposer aux résidents du festival la possibilité de faire un livre. À l’époque, Photopaper, n‘était même pas dans nos esprits, et nous avons tout d’abord proposé d’aider financièrement un éditeur à publier chaque année la restitution de leur travail. Deux livres sont nés ainsi – Ancrages d’Arno Brignon aux éditions de Juillet puis les Frères-pareils de Richard Pak chez Filigranes éditions. En parallèle, nous avons lancé le magazine du festival, que nous imprimons chaque année sur les presses locales de Corbeil-Essonnes à l’imprimerie Hélio-Corbeil. C’est sans doute à ce moment-là qu’a germé l’idée de se lancer réellement. Plus je travaillais avec les auteurs, plus je me sentie aguerrie et légitime. Mais ouvrir sa propre maison n’est pas une mince affaire. Plus encore en photographie. C’est un univers microscopique dans le monde éditorial (même s’il est extrêmement dynamique et créatif) avec des besoins économiques en total contradiction avec la réalité du marché du livre. Il faut beaucoup d’argent pour atteindre la qualité nécessaire à ce médium, souvent beaucoup de temps. Et je connaissais déjà les difficultés qui m’attendaient. J’ai mis plusieurs années à définir ce que je souhaitais faire précisément. Quels types d’ouvrages, comment, quelles règles de conduite… Je voulais absolument pouvoir porter financièrement les ouvrages, ne pas demander aux auteurs de se lancer dans des crowdfundings chronophages. Je voulais aussi prendre mon temps, travailler réellement avec chaque auteur, nous offrir du temps. Et puis je souhaitais me sentir totalement libre, privilégiant la relation : peu d’ouvrages, de vraies prises de risque, et suivre temps que possible le travail sur le long court avec chaque photographe. Aujourd’hui, Photopaper compte 7 ouvrages à son catalogue, dont la collection Smallpaper (petits formats de série courte sur 64 pages). De Lardon 1er de Corentin Fohlen à Mexican Morgues de Sébastien Van Malleghem, en passant par Brothers of Cycles de Lionel Antoni, je ne m’interdis rien. Je veux pouvoir publier ce qui me semble différent, pas encore fait, et coller parfaitement en termes d’objet avec chaque sujet. Avant de faire un livre, je me demande toujours si le public existe, si le sujet a du sens, si ce livre a réellement raison d’être, que cela soit drôle ou dramatique, léger ou profond. Je souhaite documenter sur tout, tant que l’écriture photographique est de qualité. D’expériences avortées (certains projets n’ont pas été publiés) en réussites (le Sold Out est une vraie fierté), j’apprends quotidiennement. Plusieurs ouvrages sont en préparation pour 2020, avec Corentin Fohlen, Patrice Terraz, Gaël Bonnefon et Lionel Antoni notamment. Retrouvez Photopaper sur https://www.photopaper.fr/ Marque-page3
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