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Poppositions, la foire Off qui invente de nouveaux modèles

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Ayant élu domicile cette année dans le spectaculaire Centre de Tour à Plomb, Poppositions pour cette 8ème édition entend plus que jamais résister aux idéologiques capitalistes dominantes du marché à travers une conscience sociale (Capital of Woke) défendue par un modèle à mi chemin entre foire et exposition curatée. L’argent n’est pas un critère premier, les frais de participation très attractifs. Qu’en est-il sur place autour des 26 galeries et espaces auto-gérés internationaux sélectionnés ? Les deux têtes chercheuses Rachelle Dufour et Niekolaas JohannesLekkekerk (NL) soulignent une volonté de se positionner sur des sujets tels que le féminisme, l’identité queer, le genre, la migration et le post-colonialisme.

Le français Lily Robert affiche la couleur jaune, sans mauvais jeu de mot avec la situation dans son pays, choisie par l’artiste canadienne Margaret Haines (Beaux Arts de Paris) qu’il a rencontré lors de sa résidence à la Rijksakademie. Il est question d’empathie dévoyée et récupérée dans ses road movie en lien avec la politique, le pouvoir , psychologie, astrologie, croyances..

Toujours au Rez de chaussée, Archiraar (BE) avec Camille Leherpeur (FR) formé à la Cambre dans l’atelier de gravure puis à la Central Saint Martin de Londres interroge les critères de représentation historique dans les musées occidentaux par le biais de performances où il revet des masques et autres objets symboliques.

The Fridge (Sofia) avec l’artiste bulgare Voin de Voin dessine un état psychique post apocalyptique à travers une installation totale qu’il nomme « Game-Global Anti Migration Elite ». A partir des théories complotistes il prône l’avènement de l’imaginaire intérieur, un état de conscience salutaire.

Syndicate Los Angeles avec Cole Lu (TW) se saisit des fables satiriques occidentales mettant en scène des animaux monstrueux (Animal Fancy) pour interroger la notion de stigmatisation en tant que personne queer. Ayant contracté une lourde maladie jeune l’artiste a vécu cet isolement et mise à l’écart violente qui rejoint d’autres visions stéréotypées.

Au 2ème étage, le collectif Diamètre (Paris) avec Nefeli Papadimouli (GR) fait le lien avec le 64ème Salon de Montrouge où elle participe et le Prix du Jury Dauphine pour l’art contemporain qu’elle vient d’obtenir. Ses partitions poétiques autour de nos schémas culturels dominants interrogent la perception de l’identité, classe sociale, genre ici les grandes manifestations reproduites en fragments de motifs sur tissus pour intérieurs contemporains.

Manœuvre (BE), artist run space à Gand met en avant l’artiste anglo-kenyane Grace Ndiritu et son projet COVERSLUT©. Un dispositif de création qui place la solidarité au centre de l’économie du monde de l’art. Faisant travailler des minorités « PAY WHAT YOU CAN » a été repris par de nombreuses institutions culturelles.

Mon coup de coeur revient à l’artiste Jamie Fitzpatrick (UK) au 3ème étage défendu par VITRINE (Basel-Londres). Diplômé du Royal College of Arts ses sculptures qui penchent du côté de Paul McCarthy interroge le pouvoir et son apparat à partir de performances outrancières et caricaturales. Il fait partie de la collection Label’Art.

Pierre Poumet (Bordeaux) pour sa 1ère participation met en avant l’artiste nomade Alice Hauret-Labarthe qui peint sur site au gré du contexte, le climat et ses caprices, ou des intérieurs clos, des toiles abstraites qui déroulent une fiction très personnelle.

Project room et résidence d’artistes, Superdeals Brussels, se penche sur le projet d’Ecole mondiale défendu par le roi Leopold II en 1905 dans une visée de propagande coloniale. Les artistes Filip Van Dingenen & Ive Van Bostraeten (BE) revisitent cet encombrant héritage à l’heure de la réouverture polémique du musée Tervuren.

Clara Pacotte (Feelings) présente sa vidéo « Cuirasse bientôt cloutée d’or » dans le cadre de la programmation associée. Docu fiction spéculative autour des notions de genre et de féminisme. Sa boutique feelingsfeelings.com est à découvrir également.

A LIRE :
Art Brussels 2019 et écosystème bruxellois effervescent !

INFOS PRATIQUES :
POPPOSITIONS
Capital of Woke
Le Centre Tour à Plomb
20-26 rue de l’Abattoir
Bruxelles
Tarifs : 7/5 €
https://poppositions.com/

Marie-Elisabeth De La Fresnaye
Après une formation en littérature et histoire de l'art, Marie de la Fresnaye intègre le marché de l'art à Drouot et se lance dans l'événementiel. En parallèle à plusieurs années en entreprise dans le domaine de la communication éditoriale, elle créé son blog pour partager au plus grand nombre sa passion et expertise du monde de l'art contemporain et participe au lancement du magazine Artaïssime.

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