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Depuis son arrivée à la tête du MRAC (musée régional art contemporain Occitanie) en septembre 2014, Sandra Patron n’a eu de cesse de contribuer au rayonnement de ce musée, élargissant sa surface et son périmètre d’action à travers une série d’engagements stratégiques à commencer par des expositions majeures.

On se souviendra notamment de l’intervention pérenne de Bruno Peinado (qui fait partie des 100 artistes dans la ville-Zat 2019 Montpellier que je vais développer) et exposition « Il faut reconstruire l’hacienda » pour l’extension, de la venue de la lauréate 2017 du prestigieux Turner Prize, Lubaina Himid (mon article Artaïs du 19 septembre 2018), Isabelle Cornaro avec « Blue Spill », Neil Beloufa avec « Développement durable », Simon Starling « A l’ombre du pin tordu » ou plus récemment Ulla Von Brandenburg « L’hier de demain ». Des pointures mais aussi des cartes blanches offertes à des artistes émergents, tels Maxime Rossi, Io Burgard, Daniel Otero Torres, Eleonore False ou au duo de commissaires Emmanuelle Luciani et Charlotte Cosson (Southway Studio, Marseille) qui investissent cet été tout le musée avec des artistes qui refusent les catégories en vigueur pour revendiquer une autre histoire de l’art inscrite dans une pratique vernaculaire et collaborative sous la magie du sud, sa lumière, sa nature, ses symboles. Une vie à la marge loin de toute rentabilité industrielle dans un idéal partagé autour d’une certaine pureté spirituelle signalée par une exubérance de formes et prégnance du décor. De l’ Art & Crafts de Morris à Matisse en passant par les Préraphaélites, Dufy ou Gustave Fayet, mécène et propriétaire de l’Abbaye de Fontfroide (2ème volet de l’expo avec l’intervention de Matteo Nasini), Odilon Redon..ça fait beaucoup d’élus et une scénographie très (trop ?) dense ! C’est là toute la générosité de Sandra Patron de leur avoir laissé le champ libre pour sa dernière exposition occitane.

Sans oublier le remarquable travail de Sandra Patron sur les collections, considérablement élargies par le biais des acquisitions, des réserves agrandies et l’engagement du CNAP avec un dépôt long tout à fait exceptionnel de 170 œuvres, permettant au MRAC de rejoindre la liste très fermée des musées français incontournables. Sans oublier une réflexion d’ensemble sur la collection signalée par des accrochages renouvelés et notamment l’invitation faite à Pierre Leguillon d’une relecture.

Elle m’avait accordé plusieurs entretiens passionnants, en mai 2017 autour de sa vision et la vocation du musée (9 Lives magazine) et en mars cette année (Artaïs, 9 Lives magazine) renouvelant ses convictions en faveur d’une « re-politisation de la collection » et multiples synergies en puissance sur le territoire du grand sud avec l’ouverture du MoCo Montpellier, Marseille et Manifesta, Toulouse..

Son énergie doublée d’une véritable éthique personnelle, sa grande ouverture et sens du partage de l’art ont été pour beaucoup d’entre nous des moments rares d’apprentissage et d’émotion.

Je lui souhaite de poursuivre au CAPC un parcours placé sous le signe de la transmission et de l’exigence, deux vertus qu’elle saura encore faire fructifier sur le territoire bordelais et au delà.

Sandra Patron pendra officiellement ses fonctions à la tête du CAPC, musée d’art contemporain de Bordeaux le 16 septembre 2019. C’est au même moment que l’on apprend la nomination d’Emma Lavigne pour le Palais de Tokyo, autre signal fort féminin sur lequel je reviendrai !

Chevalier des Arts et des Lettres, Sandra Patron de 2013 à 2016, est membre de la commission d’acquisition du Cnap et en 2018, elle est membre du comité de sélection du Pavillon Français de la Biennale de Venise 2019 (Artiste Laure Prouvost).

En ce moment au MRAC :
Les chemins du sud, une théorie du mineur
Jusqu’au 3 novembre 2019
Musée régional d’art contemporain Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
146 avenue de la plage
34110 Sérignan
http://mrac.laregion.fr/

A l’occasion de votre voyage, partez à la découverte de l’exposition d’Hélène Bertin (dans le parcours des Chemins du Sud) à Sète au CRAC qui revient sur la figure de Valentine Schlegel, artiste cétoise à laquelle elle consacre de nombreuses recherches et une première exposition au CAC Brétigny en 2017.

A LIRE :
Rencontre avec Sandra Patron, directrice du musée régional d’art contemporain Occitanie/Pyrénées-Méditerranée
Sandra Patron, directrice du MRAC Occitanie et la convergence des possibles de Nice à Toulouse

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