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En mai dernier, Roxane Daumas & Olivier Monge de la galerie marseillaise « Fermé le Lundi, nous avaient présenté La fondation Montresso dans leur carte blanche. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir l’exposition qui ouvrira ses portes le 23 septembre avec le projet de résidence de la photographe franco-marocaine Mouna Saboni.

Pour son premier projet de résidence, Mouna Saboni a réalisé une série de photographies autour de la recherche identitaire. Sous le titre “Traverser”, elle parcourt ainsi la terre marocaine afin d’étudier son propre rapport à un environnement immédiat, ainsi qu’à celui d’individus rencontrés au détour d’un voyage. En apposant sur certaines de ces images une calligraphie arabe, l’artiste fait ainsi résonner son parcours, marqué par les deux rives de la Méditerranée.

Photographe franco-marocaine, l’identité de Mouna Saboni a été forgée par ses origines. Son travail interroge ainsi une mémoire personnelle, intimement liée au territoire. Après avoir mené des projets au long cours dans les territoires palestiniens ou encore au Brésil, elle parcourt, dans une véritable quête d’identité, la terre marocaine afin d’étudier son propre rapport à un environnement immédiat, ainsi qu’à celui d’individus rencontrés au détour d’un voyage.
A travers une œuvre engagée et sensible, Mouna Saboni nous dévoile alors un univers emprunt de poésie. En apposant sur certaines de ces images une calligraphie arabe, l’artiste éclaire son oeuvre d’une nouvelle lueur et fait ainsi résonner son parcours, marqué par les deux rives de la Méditerranée. Tel un livre ouvert, les pages de son histoire s’écrivent et se suivent dans un écho étourdissant.

Mouna Saboni en résidence, Jardin Rouge

La mémoire. Mouvante. L’identité. Oscillante. Les traces.
Partout. Partout autour. Sur les corps. Sur nos visages. Il y a quelque chose au fond du ventre qu’il faut tenter de définir.
On regarde et on écoute les échos à l’intérieur. On écoute et on cherche. Les paysages immaculés de l’enfance. Il y a quelque chose qui vient de loin et qui s’immisce partout. Et le passé, qui s’obstine à l’obscurité. Et le présent, qui se débat.
Du passé rien ne m’appartient. Il faut tout déconstruire. Tout démolir. Ses propres mythes. Et du présent rien ne m’appartient.
Il faut redéfinir les contours.
Il reste les ruines. Les vestiges. Et le vertige.
Il y a ces lieux qui n’existent plus, ces noms que je ne connais pas. Ces noms qui ont disparu.
Il y a cette mémoire tumultueuse au fond de chaque chose autour de moi. Et moi, moi je ne sais plus où je me situe. Ici.
Là-bas. Ailleurs. Nulle-part.
Je ne démêle plus rien. Des contes que le temps crée. Des ruines qu’il dévoile.
Où vont les pierres lorsqu’elles disparaissent ?
Il faut disparaître complètement pour apparaître de nouveau.
Il faut tout abandonner. Et tout traverser.
Abandonner.
Seul le bruit des vagues qui ricoche contre les parois.
Traverser.
Il y a la terre silencieuse. Il y a cette lumière éblouissante.
Et le sang dans nos veines.
Rien n’est oublié.
Ce soir le ciel était gris, noir, bleu puis gris de nouveau. Alors la terre s’est enflammée à l’horizon.
Il y a ce vent qui monte. Celui qui balaie tout.
Reconnais-tu le vent de l’est ? Celui qui soulève le sable du sud et fait monter les courants froids du nord. Celui qui te déplace, qui te transporte, de lieux inconnus, familiers en lieux inconnus, familiers. Reconnais-tu le chant du vent ? Cette mélodie qui fait battre nos tempes ?
Chaque pierre roulée par chaque houle nous appartient.
Chaque crête, chaque crevasse. Nous avons dépassé chaque ligne.
Et dans l’air nous inscrivons, nos mots nouveaux.

INFORMATIONS PRATIQUES
Traverser
Mouna Saboni
Du 23 septembre au 15 octobre 2019
Salle des Casques
Jardin Rouge
Résidence d’artistes de la Fondation Montresso
KM 20, Route de Fès, Jnane Lhamare Ouidane, Douar, Ouled Zbir
Maroc
http://www.montresso.com

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