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Carte blanche à Guillaume Piens : Delphine Balley, Lauréate du Prix Camera Clara 2019

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Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invité de la semaine, le commissaire général d’Art Paris, Guillaume Piens revient sur le travail de la la photographe française Delphine Balley primé lors du dernier Prix Camera Clara. Une série qui interroge le processus de fabrication des images, de leurs systèmes d’apparition, à travers les différents dispositifs optiques et d’enregistrement.

Dans le monde d’« avant », j’ai été longtemps au service de la photographie : Paris Photo de 2002 à 2010, Photo London en 2007 qui fut un cuisant échec, la direction artistique du premier festival photo Saint-Germain-des-Près de 2011 à 2013, et depuis presque 8 ans une présence comme membre du jury du Prix Camera Clara. J’affectionne tout particulièrement ce prix créé par Joséphine de Bodinat qui récompense depuis 2012 un travail d’auteur inédit réalisé à la chambre photographique. Comme je l’écrivais à ses débuts « Photographier à la chambre, c’est privilégier la composition par l’inversion de l’image qu’opère la technique de la Camera Clara. C’est aussi faire l’éloge de la lenteur. Le temps de pause prolongé est comme une longue décantation du réel, favorisant une écriture contemplative singulière à l’inverse des images à la plasticité creuse et décorative qui menacent la photographie contemporaine ».
Le choix de Delphine Balley (née en 1974) comme lauréate du Prix Camera Clara a été unanime. Ses « images mentales » tout en clair-obscur évoquant les rites initiatiques ont recours au factice, à l’artifice « pour faire croire à l’invisible » et illustrent une veine fictionnelle rare dans la photographie française.

A LIRE :
Delphine Balley est la lauréate du Prix de la Photo Camera Clara 2019