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Partager Partager Il est de certains livres comme des révélations : au moment où ils nous parviennent, à l’instant où la lecture débute, nous savons que ce sera plus qu’un simple livre. Les fils de Burj Hamud par Brigitte Manoukian, paru chez Arnaud Bizalion Éditeur, est de ceux-là. Les ancêtres ont fui l’Arménie il y a bien des années, quittant un pays en proie au premier génocide d’un XXème siècle qui en comptera tant. Leur voyage, leur errance, les mènera de Kharpet à Marseille en passant par Alep et Beyrouth. C’est cette dernière ville que la photographe aixoise a choisi d’explorer dans un long travail mémoriel. Et de ce quartier-ville de Burj Hamud, périphérie paupérisée par les cataclysmes politiques, économiques et catastrophiques qui frappent régulièrement le Liban, Brigitte Manoukian nous livre un panorama aussi sensible qu’initiatique. © Brigitte Manoukian Burj Hamud est un entrelacs. De fils, de câbles, de cordes tendues de bâtiments en abîmes. Nous les suivons page à page, du fouillis inextricable à la rigueur des alimentations électriques de climatisations presque anachroniques, de la laisse du chien dont on ne sait s’il va mordre ou nous faire la fête à ces barbelés écorchés de vêtements. Nous les suivons avec ces photographies aux noirs profonds, denses, aux blancs légèrement ivoirins. Nous les suivons comme des guides. © Brigitte Manoukian © Brigitte Manoukian Les fils de Burj Hamud sont un fil d’Arianne inversé. Là où Thésée cherchait à sortir d’un labyrinthe, là où le héros grec combattait l’abomination Minotaure, Brigitte, elle, plonge dans ce labyrinthe beyrouthin, sans repères, sans fils autres que ces fils pléthoriques. En cela, la carte proposée en fin d’ouvrage est tout à la fois passionnante et un peu angoissante pour qui ne sait pas que chaque chemin a sa propre destinée. © Brigitte Manoukian Et, parce que fils est polyphonique, polysémique, derrière le câble se révèle le fils, l’enfant de. Enfant qui fait œuvre de mémoire ici. Parcourant, les rues se révèlent ça et là les traces d’un passé à reconstituer, à ne pas oublier. Un graffiti condamne la Turquie génocidaire, un autre évoque la guerre si récente avec l’Azerbaïdjan (et la perte du Haut-Karabagh). Une vierge, une croix, rappellent les racines chrétiennes de ces Arméniens venus dans un Liban multi confessionnel. Parce que c’est aussi de ça qu’il s’agit dans Les Fils de Burj Hamud : remonter la mémoire des ancêtres partis pour l’Ouest, de ces migrants des débuts du XXème siècle. © Brigitte Manoukian Les fils relient les fils, la photographe nous offre un panorama sensible, intime et courageux de ce Liban multiculturel, de ce Proche-Orient en perpétuelle construction. Il y a eu des guerres, il y en aura sûrement d’autres. Il y a la pauvreté corollaire. Il y a l’espoir dans le départ vers l’Ailleurs. Le livre de Brigitte Manoukian est un manuel à l’usage du monde, un lien qui retrace les bégaiements perpétuels de l’Histoire. En le lisant, nous ne pouvons que nous rappeler que ces Arméniens fuyants, que ce Liban ravagé, pourraient tout aussi bien être un Somalien, un Afghan, un Ukrainien. © Brigitte Manoukian Il faut voir ce livre comme une œuvre d’importance, un pilier d’une bibliothèque idéale. Parce que suivre Les Fils de Burj Hamud c’est aussi comprendre, peut-être accepter, un peu mieux notre monde et notre rapport intime à celui-ci. Parallèlement aux photographies du livre, Brigitte Manoukian a réalisé des photographies brodées, de fils, dont voici un exemple. INFORMATIONS PRATIQUES Les fils de Burj Hamud Brigitte Manoukian 19,5 x 23 cm 55 photographies NB 104 pages impression Arnaud Bizalion Edition – 2022 ISBN 978-2-36980-164-1 35€ https://www.arnaudbizalion.fr/ http://www.brigittemanoukian.com/ Marque-page1
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