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Partager Partager Pour la deuxième année consécutive, c’est une femme qui remporte le World Press Photo of the Year. Un prix majoritairement masculin puisque sur les six premières décennies, elles ne furent que quatre lauréates. Cette année, après la photographe palestinienne Samar Abu Elouf, c’est la photojournaliste américaine Carol Guzy qui remporte le World Press Photo of the Year avec son cliché réalisé lors de l’arrestation d’un père équatorien par le service de l’immigration et des douanes, l’ICE. Deux photoreporters sont nommés finalistes du prix : Saber Nuraldin et Victor J. Blue. © Carol Guzy. ZUMA Press, iWitness, for Miami Herald / Lauréate World Press Photo of the Year 2026 Le 7 janvier, nous assistions à une scène d’une violence rare : Renée Good, une mère de famille américaine de Minneapolis, est tuée par un agent fédéral du service de l’immigration et des douanes, alors qu’elle est au volant de sa voiture et ne représente aucun danger. La scène est filmée : elle est tuée de plusieurs balles. Les agents empêchent un médecin présent sur place de porter les premiers secours… Derrière cette violence, un acronyme : ICE. Après cet assassinat, on entrevoit l’ampleur de la violence liée à la politique de Trump sur l’immigration. Depuis 2025, ce service est autorisé à effectuer des arrestations dans les lieux sensibles : les écoles, les hôpitaux ou encore les tribunaux. Ces agents masqués, vêtus de cagoules, attendent à l’extérieur des audiences pour identifier et placer en détention les migrants sans papiers, que le juge ait accordé ou non un sursis ou un report d’audience. C’est dans ce climat de terreur que Carol Guzy pose son objectif. Sur la photo, un plan serré sur le portrait de deux petites filles en pleurs, qui se serrent contre leur père. Luis, migrant équatorien, vient d’être jugé lors d’une audience d’immigration à New York ; les agents de l’ICE l’empoignent fermement pour le placer en détention. En arrière-plan, on aperçoit Cocha, l’épouse de Luis, qui résumera plus tard leur exil en quelques mots : « Comprenez bien que nous venons ici pour avoir de meilleures perspectives d’avenir, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants. » Avec un financement de 75 milliards de dollars alloué à l’ICE, les arrestations de migrants ont bondi de 2 450 %. Les conditions de détention sont déplorables : les détenus dorment à même le sol, sans accès à des produits d’hygiène ni à des soins médicaux. Cette photographie lauréate du World Press Photo of the Year 2026, réalisée par Carol Guzy, saisit le profond traumatisme de ces arrestations qui se font au cœur des villes, et non plus lors des contrôles aux frontières. Cette image, ainsi que le récit dont elle fait partie, constitue un témoignage essentiel. Aux États-Unis, la peur de la séparation et de l’expulsion s’est installée jusque dans les lieux où les familles immigrées cherchaient autrefois protection et justice. Aid Emergency in Gaza© Saber Nuraldin, EPA ImagesThe Trials of the Achi Women © Victor J. Blue, for The New York Times MagazineFinalistes World Press Photo of the Year 2026 Le photojournaliste palestinien Saber Nuraldin est finaliste avec un cliché saisissant des Palestiniens qui se ruent sur un camion d’aide humanitaire au moment où il franchit la frontière de la bande de Gaza. Le photojournaliste américain Victor J. Blue est également finaliste avec le portrait de Doña Paulina Ixpatá Alvarado, une femme retenue captive et brutalisée pendant vingt-cinq jours en 1983. Elle se tient aux côtés d’autres femmes achi devant un tribunal de Guatemala City, le 30 mai 2025. Ce jour-là, trois anciens membres des patrouilles de défense civile ont été condamnés à quarante ans de prison pour viol et crimes contre l’humanité. Marque-page0
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