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Partager Partager Chaque jour, notre invité de la semaine, l’enseignant, critique d’art et artiste photographe, Bruno Dubreuil a rédigé un texte correspondant à une aspect de ses activités professionnelles, dans ce dernier texte il est donc question de la formation à la photographie. Bruno enseigne la photographie à l’ECV Design Paris en Bachelor et Master, au Centre Jean Verdier (Paris Xe) et à l’Ecole de Condé de Nancy. Dans cette dernière carte blanche, il nous parle de l’importance de la transmission. Depuis de nombreuses années, la part la plus importante de mon activité professionnelle est consacrée à enseigner la photographie. Il s’agit de stimuler, d’inciter à explorer des manières de faire, de transmettre quelques convictions, et surtout, de proposer des outils de réflexion qui déclencheront/orienteront (ou pas) des directions de création. La technique, la composition, le tirage et la retouche peuvent s’apprendre. Développer une démarche personnelle, construire un projet, aussi. On peut même apprendre à ouvrir des possibles qui permettront de faire monter en soi une création. Celle-ci s’enracinera dans l’arrière-monde propre à chacun.e, ce terreau de culture et d’expériences, d’où naîtront l’idée d’une série, une recherche, un projet, un rapport intime à la photographie. Cet arrière-monde est en culture permanente : voir des photos bien sûr, mais aussi lire de la poésie, de la littérature, des ouvrages d’anthropologie, visiter des expositions (pas seulement de photographie), analyser ses expériences de vie, approfondir ses ressentis, se décentrer, méditer. Avoir pour ambition de dire des choses essentielles avec son appareil photo. La photographie se pratique en intensifiant son regard, en laissant patiemment certains agencements du réel le troubler, mais aussi, et c’est là un obstacle de taille, en laissant derrière soi le confort des images admirées. Toutefois, sur le chemin de l’art, rien n’est garanti. Accompagner une personne ne consiste pas à lui enseigner des recettes qui lui assureront un résultat. La création ne se confond pas avec la recherche de solutions. Il y a d’abord à accueillir l’autre, à découvrir ses moteurs, à ne pas se substituer à ses désirs et ses craintes, à entrevoir son devenir. Certes, il y aura des points de passage pédagogiques qui ont prouvé leur efficacité, des stimulations joyeuses, des étapes à franchir. Et un côtoiement qui, dans la durée, consolidera la confiance à poser des choix esthétiques. Mais il y aussi, au coeur de l’accompagnement artistique, et ce point me semble essentiel, la possibilité de voir l’élan de la création s’essouffler, piétiner, voire se diluer. Or, ces phases sont parties prenantes du processus de création. Car en art, échouer n’est pas le contraire de réussir. C’est une incitation à recommencer autrement, plus tard peut-être. On ne peut enseigner que sur une corde raide qui serait tendue au-dessus de la vanité et du doute. Tout ou presque peut s’apprendre. La seule chose qui ne puisse pas s’apprendre, c’est à ressentir la nécessité de faire une photographie. – Texte & Photo © Bruno Dubreuil Marque-page2
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