Le jury de la 71ᵉ édition du Prix Nadar Gens d’Images vient de dévoiler l’ouvrage lauréat : « Aux Ombres« , du photographe belge Simon Vansteenwinckel, publié par David Fourré aux éditions lamaindonne. En septembre dernier, nous vous avions présenté ce livre lors d’une rencontre avec le photographe, qui nous racontait l’histoire de cette chevauchée dans le Dakota du Nord et du Sud aux côtés de la tribu des Lakotas. Le lauréat reçoit une dotation de 15 000 euros, cofinancée par le ministère de la Culture et la FNAC. Son travail sera présenté à l’occasion de l’exposition collective « La photographie a tout prix », inaugurée à la BnF le 15 décembre prochain.

Chaque année, en décembre, dans le Dakota du Nord et du Sud, des membres des tribus Lakotas (Sioux), se rassemblent pour réaliser une chevauchée à cheval de 450 km, pendant 15 jours, sous des températures pouvant descendre jusqu’à -20°C. Ils suivent les traces de la tribu du chef Big Foot, dont les 300 membres, principalement des femmes et des enfants, furent massacrés à Wounded Knee le 29 décembre 1890.

À l’heure actuelle, les Lakotas vivent au sein de réserves dans des conditions plus que précaires, maintenus en dépendance par le gouvernement américain. Parqués sur un territoire ingrat au beau milieu d’une des plus grosses puissances mondiales, leur niveau de vie est comparable à celui du tiers-monde. Violence, drogue, alcool, chômage, l’espérance de vie des hommes dans les réserves est de 45 ans. En 2024, certaines familles n’ont toujours pas de sanitaires ni d’accès à l’eau courante.

© Simon Vansteenwinckel

Et c’est exactement ce que les médias internationaux montrent habituellement des réserves indiennes aux États-Unis, une caricature de la pauvreté. Alors que leur pouvoir de résilience est immense, la puissance de leur spiritualité intacte, et leur fierté invaincue ; un peuple qui a subi les pires abominations de l’histoire mais qui continue à vivre et aller de l’avant, solidaire et fort.

© Simon Vansteenwinckel

C’est ce que cette série tente de montrer par le biais de cette chevauchée (Omaka Tokatakiya / Future Generations Ride) où, pendant deux semaines, les anciens s’occupent des jeunes, les sortent de leur quotidien, leur apprennent à monter à cheval, à être bienveillants envers eux, mais leur font également côtoyer l’âme et l’histoire de leur nation. Comme ils disent, ce n’est pas une promenade mais une chevauchée spirituelle.

© Simon Vansteenwinckel

Né en 1978 en Belgique, Simon Vansteenwinckel est photographe, graphiste, et professeur à l’ESA St-Luc à Bruxelles. Il réalise des projets documentaires en faisant le choix du rendu contrasté et granuleux du film argentique noir et blanc. Par son travail, Simon Vansteenwinckel participe largement au bouillonnement de la scène photographique bruxelloise. Ses sujets sont divers, allant d’un voyage initiatique avec sa famille au Chili, qui a donné naissance au livre Nosotros (Editions Yellow Now, 2018), ou Platteland (Editions Home Frit’ Home, 2019), un récit visuel de ses déambulations en Belgique, ou alors Wuhan Radiography (Editions Light Motiv, 2022), une radiographie de cette ville chinoise par écrans interposés, etc. Son travail a été exposé dans de multiples pays (Belgique, France, Maroc, Japon, Etats-Unis, Argentine, Chili, etc). Il fut membre du comité de rédaction du magazine Halogénure (revue de photographie alternative et aléatoire) pendant de nombreuses années. Enfin, Simon Vansteenwinckel est le cofondateur des Éditions Le Mulet, une maison d’édition indépendante spécialisée en livres photographiques.

Les ouvrages finalistes 2025 :
Father de Diana Markosian, édité par Atelier EXB
NON FICTION de Henri Kisielewski, édité par Le Bec en l’air
between the skin and the sea de Katrin Koenning, édité par Chose Commune
M/E de Rinko Kawauchi, édité par delpire & co
Île Brésil de Vincent Catala, édité par Dunes Éditions
Venir Voir Venir de Jean-Pierre Le Bars, édité par FAR WEST
Lejos de la tierra de Irene Zottola, édité par IIKKI
Le bruissement entre les murs de Clara Chichin & Sabatina Leccia, édité par SUN/SUN
Les Hauts d’une île de Morgan Fache, édité par Sur La Crête Éditions

Le jury était composé de : Sylvie AUBENAS (Directrice du Département des Estampes et de la photographie, Bibliothèque nationale de France), Auréanne BERGÈRE (Chargée de mission patrimoine et édition photographique, Ministère de la Culture), Clément CHÉROUX (Directeur de la Fondation Henri Cartier-Bresson), Laetitia DE LA LAURENCIE (Responsable de la Librairie Artazart), Alain ESCOURBIAC (Imprimeur Vice-président des Gens d’images), Géraldine LAY (Éditrice – Photographie et Art Contemporain aux Éditions Actes Sud), Fabien RIBERY (Écrivain et auteur du blog « L’intervalle » spécialisé sur le livre photographique), Isabelle ROUVILLOIS (Déléguée du Prix Nadar Gens d’images), Alice SANTINELLI (Consultante en projets d’éditions photographiques Co-Présidente de l’Association Nationale des Iconographes), Emmanuelle VIEILLARD (Chargée de la Communication et du Mécénat – Commissaire d’exposition au Musée Nicéphore Niépce) et Jessica VILLAUDIÈRE-SEMSARY (Responsable du Livre Beaux-Arts et Direction Commerciale du Livre à la FNAC).

INFORMATIONS PRATIQUES

mar16déc(déc 16)9 h 00 min2026dim29mar(mar 29)20 h 00 minLa photographie à tout prix 2025Une année de Prix Photographique à la BnFBnF - Bibliothèque nationale de France, Quai François Mauriac 75013 Paris

À LIRE
Aux ombres : Simon Vansteenwinckel éclaire la mémoire des Lakotas. Rencontre.

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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