Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invité, Roger Szmulewicz – fondateur et directeur de la Gallery Fifty One – clôt la semaine avec un petit coup de gueule. Il nous explique comment il a choisi le nom de sa galerie : ne souhaitant pas utiliser le sien, qu’il jugeait trop compliqué et propice aux fautes d’orthographe. En optant pour un nom simple, notre invité ne se doutait pas que rares seraient ceux qui ne feraient pas d’erreur… celui de la Gallery Fifty One !

J’ai pris une décision très tôt : ne pas donner mon nom à ma galerie.
Pas par modestie. Par souci orthographique.

Szmulewicz, soyons honnêtes, c’était une promesse de fautes.
Trop long. Trop consonantique. Trop de variantes possibles.
Je me suis dit : faisons simple.

Pas un patronyme.
Pas un nom compliqué.
Quelque chose de clair. De lisible. De stable. Et international.

Gallery FIFTY ONE.

Depuis plus de vingt ans, c’est le nom.
Il est écrit ainsi sur la façade.
Sur les invitations.
Sur les catalogues.
Sur les communiqués de presse.
Sur le site.
Partout. Toujours pareil. Noir sur blanc.

Et pourtant.

Une fois sur deux, quelqu’un trouve le moyen de l’écrire autrement.
Fifty One Gallery. Gallery 51. Galerie Fifty One. 51 Gallery. 51 Fine Art…

Et parfois, dans un moment de liberté totale : un nom qui n’existe tout simplement pas.

Je pensais naïvement qu’un chiffre écrit en toutes lettres, en deux mots, en capitales, était une valeur sûre.
Erreur.

Comment quelque chose d’aussi simple peut-il résister autant à l’exactitude ?

Finalement, peut-être que ce n’est pas une histoire de nom.
Ni même de typographie.
Mais une histoire d’attention et de respect.

Vue de l’exposition Bruno V. Roels, Artificial Paradise courtesy de l’artiste, Gallery Fifty One

https://www.gallery51.com/

La Rédaction
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